Tweetemission SJC sur l’Agriculture – Flavien Kouatcha et Philippe Jong

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Le Vendredi 25 Septembre de 18h30 à 22h, la Synergie de la Jeunesse Camerounaise (S.J.C.) a expérimenté une de ces idées qui, nous le pensons, peuvent rapprocher les jeunes de l’information fiable, tout en contribuant à faire la promotion de ceux qui inventent, de ceux qui innovent, de ceux qui osent. Cette mission qui est la nôtre nous semble encore plus aujourd’hui de première nécessité, tant nous jeunes camerounais sommes enclin à entreprendre, plein de joie pour faire bouger les lignes au quotidien par petites touches.

Suivant la problématique simple : « En quoi l’agriculture peut participer à créer des ponts entre les jeunes ruraux et urbains – cas de l’Adamaoua ». La tweetemission© qui se présente sous la forme d’un hangout via Twitter a été l’occasion pour deux jeunes camerounais dynamiques et sincères, de parler d’eux, de leur business et des opportunités nombreuses et diverses qui résident encore dans le domaine agricole!

Flavien Kouatcha (photo), Jeune camerounais de 26 ans, Ingénieur de formation en Sciences et Techniques de l’industrie. Certifié Inbound marketing, il attache de l’importance à la production locale. Flavien est aussi AgroEntrepreneur, Promoteur de SOA (Save Our Agriculture) qui exerce dans l’agriculture et le commerce en gros de poulet de chair, la culture de la tomate et du gombo.

Philippe Jong, 27 ans Entrepreneur agricole spécialisé dans la production maraîchère bio sous serre.

Tous deux, cofondateurs du magazine AgroTime spécialisé dans l’agriculture et l’information à destination des jeunes, ont eu a cœur de répondre aux préoccupations des jeunes présents en direct sur le canal d’accès #AdamAwa2015 ! AgroTime est un hebdomadaire gratuit diffusé sur le réseau social Twitter tous les mercredis.

Flavien est formel. Comme ses aînés qui insistent pour inviter les jeunes à investir le vaste champ économique de l’agrobusiness : l’agriculture camerounaise a besoin de professionnels certes mais elle a d’abord besoin de bras, de cœur et d’intelligence pour se développer au quotidien. C’est assurément, dans un pays équatorial aux terres fertiles (comme le Cameroun), le seul business sûr dans lequel il est possible de commencer à partir de peu, pour vite réaliser à force de travail et d’innovations (marketing, production, logistique…) un grand chiffre d’affaires.

L’agriculture c’est de l’économie ; contribuer à sa croissance c’est contribuer à améliorer la vie sociale des africains. Via le marché d’Ebolowa, en l’occurrence, une bonne part de nos productions locales alimente les marchés de la sous-région. Avec 19.9% du PIB, c’est un secteur d’importance qui malheureusement emploie peu de jeunes et dont la production locale semble en baisse. Cela est dû à plusieurs facteurs. En effet, entre autres difficultés, beaucoup d’intrants sont importés alors que nous avons aptitudes localement pour production de ceux-ci. Mais ils ont pu constater que les jeunes périssent par manque d’information claire et fiable. Or celles-ci existent ! Le MINADER distribue gratuitement des informations sur les différents programmes élaborés et exécutés notamment :

  • Le PACA (Programme d’Amélioration de la Compétitivité Agricole) : C’est celui par lequel il est le plus facile d’obtenir des  financements ou de l’assistance. Il donne la priorité aux coopératives et privilégie le maïs, le plantain, le cacao, ou, l’élevage de poulets, de porcs.
  • Le PADC (Projet d’Appui au Développement Communautaire) : domicilié à Yaoundé, il est destiné au développement local et à pour cible principale les groupes sociaux.
  • L’ACEFA : Programme d’Amélioration de la Compétitivité des Exploitations Familiales Agro-pastorales. Siège : Yaoundé avec représentations dans les dix régions du Cameroun. Son représentant Littoral M. NKENG PEH était d’ailleurs présent lors des Journées de l’Entreprenariat Jeunesse organisée par la SJC le 14  février dernier.  L’ACEFA apporte son appui au financement des projets innovants et productifs, en passant par des actions de vulgarisation agricole,  et d’amélioration des techniques de transformation. C’est un programme un peu plus complet qui intègre la mise à disposition d’un conseiller spécialisé pour étude, évaluation de votre projet et réorientation. Par ailleurs, il vous suit pendant quelques temps après obtention de votre bourse. [NDLSJC : les programmes sont financés et n’attendent que vos projets. Vous pouvez rencontrer les responsables ACEFA dans les Délégations régionales du MINADER !]

Le  gouvernement en prescrivant ses objectifs de développement local et vu l’idéal non atteint de l’autosuffisance alimentaire a déployé spécifiquement pour les régions proches et l’Adamaoua, les programmes suivants :

  • Le PARFAR (Programme d’Amélioration du Revenu Familial dans les Régions Septentrionales) : il distribue spécialement des semences de base, des plants fruitiers, participe à la construction des points d’eau et latrines. Il insiste sur l’exploitation locale et à son siège à Garoua
  • Le Projet de Relance de la Riziculture dans la vallée du Logone qui offre des semences améliorées, des décortiqueuses. Contacter M. Abakachi 677.55.60.81

En effet, bien que pas optimale, la culture dominante est ici le Riz. Le maïs est la seule culture passant par une logistique industrielle. Sont propices dans l’Adamaoua, qui jouit dans sa partie sud d’un climat soudano-guinéen avec une forte pluviométrie (et contrairement aux préjugés désertiques), l’arachide, le manioc, l’igname, la patate, l’oignon, le haricot, la kola, le café, le cacao, … Ajoutons qu’il existe un organisme LABOAGRI dont la mission est d’encourager par la subvention les projets agricoles.

Il ne fait aucun doute dès lors, pour tous les intervenants du secteur, que l’initiation à l’agriculture doit commencer dès le bas âge. En grandissant, les jeunes pourront absolument briser le stéréotype méprisant l’agriculteur. Reprenons M. André FOTSO : «  Nourrir les hommes est un métier noble ». Un métier noble et de prime importance, pour conclure qu’y investir est salvateur. N’hésitez donc pas pour vous lancer, à commencer par les cultures courtes. Ou alors vous tourner vers la CCIMA (Chambre de Commerce) pour plus d’informations notamment de financement.

Osez vous lancer et Bâtir votre légende. Oser créer des passerelles entre jeunes de vos villages et jeunes des villes. Cette mutualisation est de nature à partager des opportunités d’extension ou de développement du secteur (marché, compétences, technologies…). Qui sait ? Vous construirez peut-être votre légende en intégrant les success stories connues : Metomo du Poivre de Penja, le miel d’Oku, William Kameni, le café Ziama Macenta

Osons !

PS : la Synergie de la Jeunesse Camerounaise (S.J.C.) organise du 21 au 26 Octobre 2015, la deuxième édition de ses voyages-excursions ADAMAWA. Vous pouvez vous y inscrire en appelant au +237 696488386. Plus d’informations ici.