Archives par mot-clé : startup

ISMAEL NZOUETOM – STARTUP FOUNDER

Après avoir fait ses classes au sein de grandes entreprises créatrices de logiciels telle que MICROSOFT, Ismael Nzouetom fonde en 2010 sa startup I-Dispo.

A travers cet entretien, ce trentenaire retrace son parcours  depuis l’IUT de Bandjoun à la mise en place de son application SARA. Il retrace pour nous les étapes clés de la vie d’une start-up en mettant un accent particulier sur le financement et le rôle du capital investissement.

On ne vous en dit pas plus…

L’équipe SJC 

Olivier Madiba – Startup Founder

9425_133118935938_1423172_nDécouvrez aujourd’hui le portrait d’Olivier Madiba, co-fondateur du groupe MADIA et manager du projet KIRO’O GAMES.


Bonjour Monsieur Olivier MADIBA, vous êtes le promoteur du projet KIRO’O GAMES qui se veut un studio de création de jeux vidéo, films et dessins animés inspirés des cultures et traditions africaines. Pourriez-vous  en quelques mots vous  présenter et nous parler de KIRO’O GAMES ?

Je suis MADIBA Guillaume Olivier, j’ai 28 ans et je suis né à Douala. Je suis le fils de MADIBA EDIMO Wilhem et d’EWANE SOMBE Colette. Je suis l’aînée d’une fratrie de 3 (un garçon et une fille, ils sont jumeaux). J’ai principalement grandi entre Yaoundé et Douala pour des raisons scolaires et académiques. Je suis titulaire d’une Licence en informatique de l’Université de Yaoundé 1 et co-fondateur du Groupe MADIA. KIRO’O GAMES est le premier studio professionnel de création de jeux vidéo d’Afrique Centrale. Il s’agit d’un projet que je porte depuis mes 14 ans, et j’ai pu rencontrer des passionnés (WOUAFO Hugues et YAKAN Dominique) avec qui nous avons travaillé en amateur, tout en gardant l’ambition un peu folle de devenir des professionnels du monde des jeux ludiques.

L’histoire du projet est succinctement expliquée dans cette vidéo :


Comment vous est venue l’idée créer un studio de jeux ludiques s’inspirant des mythes et cultures africaines ?

L’idée s’est constituée dans le groupe par étapes. A la mi 2012, le studio s’appelait MADIA GAME STUDIO et nous avions conçu AURION comme un simple jeu avec un héros noir. En cours de développement, nous avons commencé à penser à son look et l’idée de l’habiller avec une tenue inspirée des Massaïs (Peuple du Kenya) nous a montré le « filon » créatif que la culture africaine pouvait représenter. Nous avons donc entamé des recherches approfondies et nous avons trouvé une riche « matière première » à mettre en avant. La « chance » a voulu que je rencontre à ce moment de véritables sources d’inspiration, comme la fondation AMMAWOULI du Dr Cécile Marie Istasse –MOUSSINGA et l’œuvre MBÔMBÔLÈ de Mr Dieudonné IYODI. Nous voulions aussi rendre la pareille aux créateurs des mangas et des comics, ainsi que tous les autres game-designers qui nous ont fait rêvé avec des jeux magnifiques sur la mythologie grecque (God of War) ou japonaise (Onimusha), en apportant quelque chose à la table avec notre base culturelle.

photo_008

Vous définissez KIRO’O GAMES comme un projet de créations de jeux vidéo en exploitation une African Fantasy. Pouvez-vous nous apporter plus d’éclaircissements sur l’African Fantasy ?

L’AFRICAN FANTASY est un genre que j’ai découvert paradoxalement dans un livre de l’auteur français Jean-Christophe Chaumette, intitulé « la quête du neuvième cercle ». J’ai récemment  découverts des auteurs africains très doués sur le sujet comme Momi M’Buze qui a écrit les chroniques de l’empire Ntu.Le principe de l’African Fantasy est assez simple. Vous prenez un élément d’une culture ou mythe africain, et vous imaginez une version « extrapolée » dudit élément, un peu comme en science-fiction où l’on imagine un futur où la technologie est 1000 fois plus avancée que maintenant. Dans l’African Fantasy, vous imaginez et créez des mythes, traditions, artisanat 1000 fois plus fantasmés que maintenant.Nous avons voulu prendre encore plus d’avance sur ce concept en créant un genre complet qui en découle : le KIRO’O TALES. Il s’agira d’une African Fantasy avec des règles narratives particulières pour créer un éveil chez le joueur/lecteur, etc.

Notre génération est vulgairement qualifiée de « génération internet ». Au sein de la synergie de la jeunesse camerounaise, nous pensons que les médias dans leur ensemble doivent se responsabiliser en constituant des moteurs d’éducation et d’instruction populaire. Que pensez-vous pouvoir apporter dans ce sens à travers votre projet ?

Je suis d’accord, et dans ce sens, nous pensons à faire des jeux « intelligents » où il y aura certes de l’action, mais aussi beaucoup de thèmes qui vont semer les « graines de la conscientisation » dans l’esprit des jeunes joueurs africains.Le jeu vidéo a l’avantage de ne pas avoir généré de « blocage » dans l’esprit des jeunes africains, contrairement au  livre (à cause surtout d’un système éducatif agressif sur la question). Hélas !Le combat pour l’avènement des médias à caractère « utile » s’annonce toutefois rude dans la mesure où les médias sont soutenus par des financements capitalistes dont le seul objectif est de faire du chiffre, au-delà de leur supposé rôle d’éducation populaire. Vous conviendrez donc avec moi que dans ce monde où le scandale et l’indécent font le buzz, il devient difficile de demander à un investisseur de s’engager sur des projets de médias à bonne valeur. Le défi réel consiste à  rendre de nouveau le fait d’être « bien éduqué » plus à la mode, que le modèle du perpétuel gangster transformé en héros.

Comment envisagez-vous l’apport des mythes africains dans la construction des nouveaux modèles de pensée socio-économiques, ceux hérités de l’occident prouvant de plus en plus leurs limites ?

C’est un des principaux défis de notre génération. Créer un modèle d’évolution propre à ce que nous sommes,  qui inspirera l’ensemble de l’humanité pour que nous évoluions ensemble vers la prochaine étape.Je pars du principe qu’il n’existe pas de philosophie supérieure à une autre, et que les mythes, qu’ils soient  occidentaux, africains ou autres,  possèdent tous des limites. Par contre, en chacun d’entre eux, existe une essence particulière qui, bien exploitée au bon moment, est la solution idéologique à un problème de conscience globale. Il est donc temps de réinventer nos mythes en canalisant ce qu’ils ont de plus inspirant, pour construire une mentalité mondiale plus humaine (face à la mentalité de l’objet actuelle). Par exemple, réitérons le respect de la famille élargie, réitérons le principe de l’enfant non Roi (sans en faire un esclave) qui donnait des individus bien éduqués et intègres en lieu et place d’éternels adolescents capricieux. Réitérons le principe du respect du rôle de l’homme et de la femme qui se complètent en respectant les forces et faiblesses de chacun. Ce sont là, quelques-uns des éléments que les mythes africains enseignent, et qui peuvent constituer des sources de réflexion pour construire de nouveaux modèles de pensées et de développement propices au mieux-être des populations africaines.

Comment concevez-vous la place des jeux ludiques dans l’éveil de conscience et la réalisation de leurs compétences et énergies par les jeunes d’Afrique ?

Je répondrais en prenant l’exemple des chevaliers du zodiaque (saint seyia) chez les japonais. Ce n’était pas tout à fait un jeu vidéo, mais ce n’était pas non plus un simple dessin animé. Je suis prêt à parier que sur 100 japonais nés dans les années 1980-1990 qui sont aujourd’hui des travailleurs tenaces et rigoureux, 90 d’entre eux doivent leur « courage à pas abandonner » au fait de s’être identifié enfant à Seyia.Tout bon éducateur sait que l’enseignement humain par excellence s’accomplit quand le jeune s’identifie à un modèle positif. Ainsi, nos jeux doivent donner à nos enfants et petits-frères, des modèles de personnages courageux, des personnages qui font face à l’adversité, mais qui ont aussi le dilemme de garder le meilleur d’eux même face au pire. Il ne s’agit pas de créer des jeux de « pensée positive » mais surtout des jeux de « travail sur soi ».


Soyez créatifs tout en demeurant réalistes, il ne sert à rien d’avoir un rêve non rentable en affaire”


De manière plus large, quelle place donneriez-vous aux NTIC dans le processus  de développement de nos nations ?

Les NTIC sont des outils ; la réalité demeure que sans volonté humaine d’ordre et de cohésion, les NTIC ne changeront rien (la situation pourrait même empirer !). Un ordinateur ne fait pas de miracle, il permet juste d’améliorer la qualité et l’efficience de ce que l’on sait déjà faire. Les NTIC ne joueront un rôle moteur que si nous nous décidons d’abord à évoluer dans nos mentalités. A ce moment, nous pourrons les exploiter comme des accélérateurs de nos différents potentiels individuels et collectifs.

Où en est KIRO’O GAMES à date et quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez dans le développement de vos activités ?  Quelles sont vos ambitions pour les 2,3 prochaines années ?

Kiro’o Games est actuellement en chantier, l’ouverture est imminente et l’inauguration se fera dans les prochains jours. Nous avons eu assez d’investissement pour nous lancer, mais la procédure de vente des parts du studio est encore active. Si vous êtes intéressé, la part coûte 400 000 FCFA et peut vous rapporter 1 600 000 FCFA d’ici fin 2018 (avec un premier retour en 2014). Ecrivez-nous à contact@kiroogames.com pour obtenir plus d’informations à ce propos.

Connaissez-vous d’autres africains /camerounais ayant développé des projets du même type que le vôtre ? Y a-t-il une collaboration effective aujourd’hui entre les promoteurs de l’African fantasy ?

Il y a beaucoup de studios en Afrique du Sud et de l’Ouest qui se concentrent beaucoup plus sur le jeu mobile, et font d’ailleurs du très bon boulot. En Afrique du Nord on trouve surtout des studios qui sont des branches de grands éditeurs et studio européens (la plupart français).Au Cameroun et en Afrique Centrale, il y a d’autres jeunes camerounais qui travaillent dans le secteur mais ils sont à l’étranger, nous sommes en contact avec quelques-uns. Pour le moment, nous sommes les seuls à ce niveau de professionnalisme.

Quels conseils donneriez-vous à cette jeunesse qui souhaite entreprendre ?

Je dirais que le défi d’un entrepreneur jeune et africain est énorme. Votre travail ne consistera pas seulement à être un bon manager, mais à incarner un leader et un éducateur. Il sera capital que vous inculquiez à vos collègues votre sens du travail bien fait et de la rigueur, sans pour autant les frustrer. Un collaborateur fera la moitié de ce que son chef fait, donc mettez-vous à 40/20 pour avoir une équipe qui réalise un 20/20.De plus, ne vous lancez pas dans un domaine où vous n’avez pas de compétences techniques. Vous devez être en mesure  de continuer à porter votre projet tout seul, dans le cas où vous vous faites lâcher par l’ensemble de votre équipe. Soyez créatifs tout en demeurant réalistes, il ne sert à rien d’avoir un rêve non rentable en affaire. À Kiro’o nous simulons toujours le pire et on démontre que ça marcherait tout de même.

Ma devise personnelle est : être réaliste, c’est trouver un moyen rationnel d’atteindre un but magnifique.

Monsieur Olivier MADIBA, nous vous remercions de nous avoir accordé cette interview.

Jean-Gabriel Kuoh – Startup Founder

Jean Gabriel Kuoh

Join us to the much anticipated introduction of Dalekh.com founding figure , Jean-Gabriel Jemea KuohHe gives us an open and honest view of  experience of being a startup executive.


Hello Mister Jean-Gabriel Jemea Kuoh, you are the Founder of DALEKH.COM.Could you tell us in some lines how and when came to you the idea to create this platform?

I’m a US-based Cameroonian entrepreneur with a strong passion for Marketing, Agriculture and the Afro food industry in general. Being a big Afro foodie, I was wondering why our gastronomy is not popular. Many of my American friends didn’t know much about African food and every time I was inviting them to an African restaurant, they’ve all fell in love with it. That drove my interest and I saw a real potential there. Our cuisine is so amazing and diverse yet still remain unpopular; and I came to understand that to take things to the next level globally we have to offer more support to the driving forces of the industry (farmers, restaurants, caterers, chefs etc.).  I have been involved in marketing-related business ventures since my early entrepreneurial years and I have decided to put in better use this experience in promoting African cultures through the beauty of our gastronomy.  Dalekh was born after solid market research and analysis. We have made some good progress and my dream is to see African food to be as popular as Pizza, Sushi or Coca-Cola worldwide.

 inner_banner

You are, for the young generation in Cameroon, a rising figure of Web industry in Africa. What are the difficulties that you encountered in the development of your activities and how did you overcome them?

 

Thank you for the compliment. Africa is full of inspiring web entrepreneurs that I look up to. Many of them come from Nigeria, Ghana, South Africa and Kenya but I have been inspired by many of my fellow Cameroonian entrepreneurs as well. I don’t measure my status or rankings but it is for sure that through Dalekh.com, Afro-ethnic cuisine is getting more global appeal and attention because many of the foreign visitors of our platform finally agreed that African food is delicious, rich and flavorful. We certainly try our best to position our recipes and restaurants in an attractive way, and our online magazine drives interests. My project is still on going and we still have amazing features on the way; and I’m pleased to see great progress. Most of the challenges that I have faced in this project are similar to traditional challenges faced by my peers. As a start-up entrepreneur, you have to make sure your idea can be transformed into a viable business; and make sure that the right team is by your side to assist you in the process, as you cannot technically do everything on your own. The more you grow, the more expensive the operations become; so access to funding has been difficult at the beginning as well. Overall, it’s faith- faith on my project, my team and the potential of African cuisine- that gave me the courage to still be in business today. Nothing comes easy and it does require dedication, patience and wisdom to succeed. I am not afraid of taking some risks, and of making some mistakes because sometimes this is the best way to learn. This is an unpredictable journey- only faith, discipline, courage and passion are the sources of my strength.


“Only faith, discipline,courage and passion are the sources of my strength”


You were recently inviting to the Kongossa Web Series ( KWS) in Montreal. What was the purpose of your presence at that event?


For the past months, I have been invited in numerous conventions and conferences, and most recently the KWS Forum in Canada. I was invited to share some thoughts on how we can leverage technology for the Afro food industry. Technology can allow leaders of the Afro food industry to expand their operations, it opens doors to our farmers to work more efficiently, and it will allow African restaurants to be more competitive. I would like to see a better usage of technology so that Africa can expands its market share when it comes to AgriBusiness, and to better contribute to food security in our world. I have also shared how Afro restaurateurs can utilize the power of digital marketing as a new inexpensive yet powerful method of communication. This tool allows them to plan better, interact more easily, shoot higher and measure their results in a smarter way.

During your stay in Cameroon, you had the opportunity to meet with numerous young entrepreneurs and project leaders. What is your opinion in regard to their prospects in the future?

I am so pleased to have met many young creative entrepreneurs in Cameroon. The few I have met took my personal contacts and sent me emails with ideas and projects they have. We have many Steve Jobs, Dangote, and Mark Zuckergerg in our country. The ideas I have received are amazing and full of potential. I just hope that we have a better way to get these ideas funded, as this is critical for these initiatives to come to come to fruition. We heavily invest in Football and Education for our youth but I hope we can see more incubators and business development programs for these talented aspiring entrepreneurs. The ideas they have are just phenomenal and could be very much profitable.

In which sectors do you think that the young Cameroonian entrepreneurs would have interesting proposals for Africa and rest of the planet?

I would highly suggest Information Technology, Energy and obviously Agriculture.

What advice would you give to this youth who wishes to undertake new projects and companies?

Entrepreneurship is, in my opinion, one of the best activities in the world because it allows individuals to convert a simple idea into cash, to create jobs and establish financial security for our families. In the United States where i live, the power of entrepreneurship fuels substantially the economy. Entrepreneurship can greatly bring something fresh to our economy and transform our country. Entrepreneurship is known for these glamorous things, but not for the pain behind it. It requires strong planning, discipline, extreme patience, perseverance, and determination. These skills are keys to your entrepreneurial dreams.

I would advise our youth to follow their dreams and passion. Become an entrepreneur for the right reasons and not for the money, have a purpose and focus on it, and the rest will follow. Make sure you put together a solid plan, surround yourself with the best who could help you execute that plan and work extremly hard. Failure in Entrepreneurship is for those who give up! Never give up, because these moments will come where you just want to move on to something else. Personally and talking from experiences, I am not a big fan of serial entrepreneurship and i would advise our young people to focus on one thing. Be the best at it, Master your craft, your product, your market and make of Excellence your Motto!

Thank you for this interview