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Cédric Ketchanga – Manager Sportif

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Bonjour Monsieur Cedric Ketchanga. Vous êtes pour la jeune génération camerounaise, l’un des espoirs du Management sportif. Pourriez-vous en quelques lignes nous parler de votre parcours et de vos activités dans le domaine du football ?

Tout d’abord, je tiens à remercier la Synergie de la Jeunesse Camerounaise pour m’avoir accordé le privilège de partager mon expérience précoce avec les jeunes qui désirent entreprendre. C’est un plaisir de pouvoir répondre à vos questions.Je me nomme Cedric Ketchanga, je suis âgé de  24 ans et j’ai obtenu l’année dernière un certificat en administration des affaires à HEC Montréal. Après l’obtention de mon Baccalauréat en comptabilité, j’ai eu l’opportunité d’entrer à l’école AMOS à Paris où mon parcours de formation a été couronné par un diplôme de manager sportif. Ma principale activité consiste à recruter, former et mettre en lumière les jeunes sportifs africains afin de valoriser leurs potentiels à l’international.

Comment organisez-vous votre activité sur le continent ? Agissez-vous exclusivement à titre  d’agent de joueur ?

S’agissant de mon activité, j’ai mis sur pieds une structure de formation, à savoir l’International Football Club de Douala (I.F.C.D.). L’I.F.C.D se donne pour mission de promouvoir les jeunes  talents du continent africain, en se souciant  des règles professionnelles du  management sportif et en tenant compte des déficits des institutions en charge de notre « sport roi ».  Par le canal de notre structure, nous offrons la possibilité à des centaines de jeunes de tutoyer et de réaliser leur  rêve : devenir un joueur de football professionnel.

Quelles sont les principales qualités que vous recherchez chez ces jeunes qui constituent l’avenir du football africain ?

Nous sollicitons principalement des valeurs purement techniques et relatives au domaine de compétence du football. Pour être plus précis : nous ciblons des jeunes talents qui répondent aux critères substantiels du métier ; notamment, une bonne condition mentale, des capacités techniques avérées, la polyvalence, l’endurance, une excellente lecture du jeu et surtout une faculté  d’adaptation rapide à tout système de jeu.Je pense  que ce sont là, des qualités qui peuvent favoriser une meilleure exportation  du savoir-faire de notre football  et  je me sens honoré de faire partie intégrante de ce mouvement qui croit en l’avenir du football africain.

Lors d’une interview sur Africa 24, vous appeliez à recruter les joueurs le plus tôt possible. Comment se déroule le recrutement?

Nous procédons au recrutement des jeunes talents à partir d’une cellule composée de 3 éducateurs sportifs de renommée internationale. Ces derniers assurent la bonne marche quotidienne du projet en parcourant l’Afrique à la recherche de ces jeunes qui se démarquent grâce à leur potentiel largement au-dessus de la moyenne.

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Tenez-vous compte de l’aspect académique lors du recrutement et de la formation de ces jeunes ?

Absolument ! La formation académique constitue à notre sens une plus-value qui peut non seulement faciliter la transparence dans les procédures de départ de nos jeunes, mais aussi habiliter ces espoirs en leur donnant des outils intellectuels qui leur permettent de préparer efficacement leur après-foot dès le démarrage de leur carrière.Nous sommes pleinement conscients de la plupart des difficultés auxquelles font face les jeunes passionnés du football (pauvreté, précarité, illettrisme etc.…). Nous soumettons nos joueurs à des tests psychotechniques dès leur recrutement, ce qui nous permet de définir l’accompagnement académique nécessaire pour chacun d’entre eux.

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées dans le développement de vos activités et comment les avez-vous surmontées ?

Le principal obstacle a été celui d’acquérir de la crédibilité auprès des adultes, notamment les parents des joueurs mineurs. J’ai également été confronté à un des problèmes majeurs qui mine le  sport en Afrique : La falsification des éléments de naissance des jeunes joueurs. Ces difficultés ont été surmontées grâce à la conviction et à la foi que je porte à mon projet. D’une part, j’ai brisé les barrières afin d’atteindre mes objectifs, à savoir dénicher ces jeunes talents sur l’ensemble du continent ; D’autre part, il a fallu rassurer les parents sur la qualité et le sérieux  du programme auquel leurs enfants allaient participer. Il a également fallu en parallèle,  rassurer les partenaires européens à propos de la bonne conduite des procédures administratives et la capacité d’acclimations ainsi que la potentielle marge de progression des jeunes joueurs venus d’Afrique.

A-t-il été évident pour vous, de vous faire une place dans un milieu qui semble fermé, quand on sait en plus que vous avez démarré vos activités dans le management sportif à peine âgé de 21 ans ?

Votre analyse est bien fondée. A ma sortie de l’école AMOS, l’obtention du statut d’agent de joueur  était soumise à un protocole assez strict.  Je m’estime chanceux. J’ai très vite eu l’opportunité de côtoyer les parvis du métier. Je tiens par ailleurs à remercier Monsieur Maxime NANA qui a parrainé mes ambitions et m’a initié aux rouages du management sportif.A travers son soutien, j’ai pu nouer des liens étroits avec des footballeurs de renom, et me constituer un portefeuille à la hauteur de  mes ambitions.

Lors de vos nombreux déplacements vous êtes amenés à rencontrer des joueurs prometteurs originaires de plusieurs pays. Quel  est votre jugement sur l’avenir football Camerounais ?

Selon moi, le football camerounais a un avenir prolifique. Contrairement à certains pays du continent, nous utilisons à peine 20% de notre potentiel, en raison du manque d’infrastructures et d’une DTN (Direction Technique Nationale) qui a du mal à être opérationnelle bien qu’elle soit administrativement existante. En ce sens, je crois et j’espère fortement que l’avenir du football camerounais connaitra des lendemains meilleurs, dès lors que les responsables en charge de la formation des jeunes auront aidé à résoudre ces anomalies.

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Quels conseils donneriez-vous à ces jeunes camerounais qui souhaitent incarner le Samuel Eto’o des deux prochaines décennies ?

Pour acquérir la dimension, le palmarès et l’aura d’un Samuel ETO’O, les jeunes talents doivent miser sur la discipline, une hygiène de vie saine, la persévérance, l’humilité, le sens du sacrifice et surtout la passion du métier.

En dehors du management sportif, entreprenez-vous dans d’autres secteurs d’activités ? Quelles expériences de vos activités annexes souhaiteriez-vous partager avec la jeunesse camerounaise ?

Comme tout enfant vaillant du continent africain, j’essaie d’être polyvalent.Avec le concours d’un compatriote avec qui je partage les mêmes convictions, je promeus actuellement un projet numérique dans le secteur de  l’éducation.En revisitant mon parcours jusqu’à aujourd’hui, je résumerais la réussite d’un projet entrepreneurial en une philosophie en quatre étapes :

  • Une idée engendre une entreprise ;
  • Une volonté engendre la persévérance ;
  • Le travail engendre les résultats ;
  • Les obstacles constituent des opportunités de maturation pour consolider la réussite.

Pour sensibiliser mes frères et sœurs, je les inviterai tout simplement à ne sous-estimer aucune idée née d’une problématique de leur environnement. Je leur rappelle également que l’emploi ne se trouve pas  forcément dans les bureaux des multinationales ou des PME locales. Tout besoin identifié dans son milieu de vie est une opportunité de création de richesse.

Avoir de telles responsabilités à votre jeune âge, peut sembler une tâche difficile. Quels conseils donneriez-vous à cette jeunesse qui souhaite entreprendre ?

De mon point de vu d’entrepreneur précoce, la réussite de tout projet réside en la foi que l’on  a en ce que l’on souhaite réaliser. Toute entreprise connait ses difficultés. Il est donc essentiel de croire en sa vision et de la maintenir coute que vaille pour  atteindre ses objectifs. Si je peux me permettre de le dire ainsi, la réussite se cache  derrière l’échec. Il  ne faut jamais se laisser décourager par les obstacles, encore moins abdiquer. Les obstacles ont pour but de nous fortifier dans nos certitudes et nos engagements. En somme, pour entreprendre, il ne faut jamais baisser les bras ; il faut s’inspirer du parcours de ceux qui ont réussi dans notre secteur d’activités.

 

Monsieur Cedric Ketchanga, nous vous remercions de nous avoir accordé cette interview.

C’est moi qui vous remercie et vous encourage dans vos différentes initiatives.