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Patrick EHODE – Le Techpreneur qui lance le média social démocratique

Patrick EHODE

Patrick EHODE est le Promoteur de la plateforme digitale VAIRIFIED, un nouveau média social créé au Cameroun.

Il se confie à l’équipe rédactionnelle de la Synergie de la Jeunesse Camerounaise.

Synergie de la Jeunesse Camerounaise : Bonjour M. Patrick EHODE. Vous êtes le Promoteur de Vairified, une plateforme qui regroupe les internautes en fonction de leurs centres d’intérêts. Pourriez-vous en quelques mots vous présenter et nous dire comment vous est venue l’idée de cette initiative ?

Patrick EHODE : Bonjour à toute de l’équipe SJC ainsi qu’à l’ensemble de vos lecteurs ! Je suis Patrick EHODE promoteur de Vairified depuis 2014, un média social dont le principal objectif est de filtrer les informations fiables et attestées par des communautés d’internautes constituées par des amateurs des thématiques concernées. L’idée de créer Vairified est partie d’un simple constat sur le contraste entre la quantité des informations disponibles sur internet et la fiabilité de ces dernières. Nous nous sommes rendu compte que fournir l’information d’une certaine qualité aux internautes tout en préservant la convivialité et l’interactivité d’un média social pouvait garantir le succès de notre entreprise.

SJC : Vous êtes parvenu à développer un espace virtuel favorisant la circulation de l’information fiable entre professionnels, utilisateurs de produits/services et les marques. Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées durant la phase de création et d’implémentation de votre produit et de votre entreprise ? Comment les avez-vous surmontées ?

PE : Les difficultés étaient multiples. Tout d’abord d’un point de vue technique, il a fallu implémenter une solution simple mais pertinente en tenant compte de la qualité de la connexion internet et du faible attrait que représentent les start-ups pour les travailleurs compétents au Cameroun.On a donc œuvré à convaincre et engager des ressources humaines pour réaliser ce projet, en jouant sur notre crédibilité mais aussi en s’appuyant sur un modèle de participation gagnant-gagnant pour chaque intervenant.

SJC : Vairified facilitera à terme l’exposition des marques camerounaises et des spécialistes issus de tous les secteurs d’activités. Quels sont vos avantages concurrentiels face à des réseaux comme Facebook et LinkedIn qui favorisent la convivialité et le partage entre la marque et son consommateur, entre le professionnel et son tissu relationnel ?

PE : Vairified n’intègre pas la notion d’amis, de followers ou de collègues. Tout se joue dans la capacité d’un groupe de personnes possédant au moins une expérience commune (marque, lieu, savoir-faire) à pouvoir donner leur avis sur des sujets grâce à un vote. L’internaute ne reçoit des avis et des informations qu’en rapport avec ses centres d’intérêts. Vairified peut par exemple être utilisé pour le SAV et la relation client, mais aussi pour influencer les tendances de consommation et/ou artistiques. De plus avec l’agrégation des avis, Vairified permet de créer une base de données solide d’informations d’une certaine pertinence stratégique.

SJC : Dans un environnement où l’afflux d’informations pose quotidiennement le problème de la fiabilité de cette dernière, Vairified se positionne comme un filtre qui garantit la justesse de l’information partagée. Comment cela fonctionne-t-il ?

PE : Tout d’abord pour vous inscrire sur la plateforme, il vous suffit d’aller sur le site www.vairified.com et de renseigner vos informations civiles. Une fois inscrit, vous avez accès à l’ensemble des informations validées par les communautés d’internautes. Pour faire partie desdites communautés et donc donner vos avis sur les questions soumises à la validation, vous devez indiquer deux références capables d’attester de votre expérience sur la thématique. Les référents peuvent ne pas être inscrits sur la plateforme, un courriel leur sera envoyé pour obtenir leur confirmation. Toutes les références sont conservées et les informations sont corrélées à terme pour garantir leur pertinence et le cas échéant, recommencer le processus.

Voir la vidéo du reportage réalisé par ActuNet de VoxAfrica >>> 

SJC : Quelle est votre vision, quels sont vos objectifs pour Vairified pour les trois prochaines années ?

PE : Avec 3.2 milliards d’internautes dont 2 milliards vivant dans les pays en voie de développement, notre vision est d’établir successivement Vairified comme champion national, sous-régional, puis continental et enfin mondial. Nous pourrons au bout des trois prochaines années dépasser la barre des 50 millions d’utilisateurs avec des fonctionnalités facilitant le e-commerce. Nous sommes encore loin de là et pour y arriver, il nous faut prioritairement continuer à procurer de la satisfaction à nos utilisateurs les uns après les autres.

SJC : Les secteurs des technologies de l’information, du web et du mobile réalisent actuellement leurs croissances les plus importantes sur le continent africain. Comment les jeunes entrepreneurs camerounais peuvent-ils d’après vous, stimuler ces secteurs et en tirer profit ?

PE : Je pense que nous avons rencontré des difficultés avec les technologies dans nos pays dont beaucoup sont liées au fait que les implémentations ignoraient ou minimisaient souvent la valeur des us et coutumes à remplacer. Souvent nous nous bornons à voir uniquement le problème tel qu’il nous arrange alors qu’il est préférable de l’envisager tel qu’il doit être solutionné. Nous pensons qu’en solutionnant ainsi les problèmes, nous aurons des réponses pertinentes qui apporteront plus de vitalité et de crédibilité à ce secteur des IT qui en a besoin notamment pour son financement.

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SJC : Abordant justement la question du financement. Quels sont les moyens auxquels vous avez eu recours pour lancer votre projet ?

PE : D’après notre petite expérience, il était assez difficile de trouver un financement auprès d’une institution traditionnelle. Ayant considéré nos options dès lors il était clair que les alternatives comme le financement participatif étaient soit minces ou très gourmande en temps. De plus, nous pensons que les start-ups doivent s’atteler à avoir un produit et un marché plus ou moins immédiat avant de commencer à recourir à l’endettement ou l’ouverture du capital à toute forme d’investisseurs. Notamment pour prendre les bonnes habitudes de travail tel que l’économie, l’efficacité et l’efficience pour un avantage compétitif car l’innovation aussi c’est trouver des moyens de produire peu cher.

L’équipe Vairified a donc eu recours à une levée de fonds au sein de son réseau personnel.

SJC : Votre parcours d’entrepreneur a sans doute été jalonné de quelques échecs. Quels sont ceux qui vous ont le plus marqué ? Quelles leçons en avez-vous tiré ?

PE : Les échecs font partie intégrante de la courbe d’apprentissage. J’en ai connu et nous continuons d’en avoir tous les jours. Je garde en mémoire le premier projet que nous avions monté avec un ami sur l’optimisation de l’allocation des ressources. Nous avions obtenu un entretien avec un responsable d’une multinationale locale qui nous avait fait comprendre que même si notre solution était techniquement viable, les dynamiques locales pour rendre notre entreprise prospère n’étaient pas prises en compte. J’ai dès lors compris que mon parcours d’ingénierie ne suffisait pas et qu’il me fallait maîtriser la dynamique des affaires pour atteindre mes objectifs. J’ai donc étudié et travaillé dans la finance au lieu de profiter de la bourse pour un laboratoire réputé en France qui m’avait été offerte. Cette expérience m’a donné une perspective un peu plus nuancée de ce qu’est un produit et de comment approcher un marché.

SJC : Quels sont les entrepreneurs camerounais pour lesquels vous avez le plus d’admiration ?

PE : De ma conception, l’entrepreneuriat est une aventure personnelle dont la réussite réside dans sa capacité à transformer sa passion en vision. L’initiative d’entreprendre ne doit pas puiser sa source uniquement dans le parcours d’un entrepreneur accompli, elle doit s’inventer et se réaliser. De ce fait, j’admire tous ceux qui entreprennent à tous les niveaux dans notre pays car le climat des affaires n’est pas toujours propice au développement de l’entrepreneuriat. Le quotidien est tellement pesant qu’il est facile d’oublier que l’on peut façonner son propre futur et celui de la société grâce à son initiative.

SJC : M. EHODE, nous sommes arrivés au terme de notre interview. Quels conseils donneriez-vous à nos jeunes lecteurs qui ont soif d’entreprendre mais qui hésitent encore à se lancer ?

PE : Si je peux m’aventurer sur le terrain des conseils, je dirais qu’il faut comme le disait un grand monsieur – M. Ekwunife : DREAM BIG, PLAY BIG and ENJOY IT. Par mon expérience, le rêve doit toutefois être accompagné d’une volonté réelle d’entreprendre, de motivation, d’ardeur au travail, de permanente remise en question et surtout d’humilité. Il faut savoir reconnaître que l’on s’est trompé car ça arrive souvent surtout lorsqu’on est bien entouré.

SJC : Monsieur Patrick EHODE, nous vous remercions de nous avoir accordé cette interview.

PE : C’est moi qui vous remercie, tout en vous souhaitant un vif succès pour vos initiatives à venir. 

La rubrique “Portraits” de notre site web présente au travers d’interview des jeunes leaders camerounais locaux et de la diaspora. Etes-vous un chef d’entreprise ou un acteur social ? Etes-vous intéressé par une interview dans nos colonnes ? Veuillez-nous écrire à l’adresse suivante : contact@sjc-online.com