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Excursion éducative 2015 – Programme détaillé des activités

>> Lire l’article de l’Excursion éducative “Adama et Awa”

MERCREDI 21/10/2015 :

11.00 Arrivée des participants au point de rassemblement à Douala
12.00 Départ des participants de Douala pour Yaoundé
16.00 Arrivée à Yaoundé et relaxation
18.00 Regroupement des participants à la gare voyageur de Yaoundé – Dernières dispositions
19.10 Départ de Yaoundé pour Ngaoundéré

JEUDI 22/10/2015 :

09.00 Arrivée à Ngaoundéré
10.00 Installation des participants à l’Hôtel TRANSCAM
12.00 Déjeuner-Buffet
13.30 Départ pour le quartier administratif
14.00 Présentation et Salutations aux autorités administratives : Gouverneur de l’Adamaoua – Préfet de la Vina – Délégué du Gouvernement auprès de la Communauté Urbaine de N’Gaoundéré
16.00 Retour à l’hôtel
16.30 Causerie éducative sur le thème «La place de l’entrepreneuriat dans l’évolution des sociétés africaines»
18.30 Fin de la causerie et Repos
19.30 Dîner-Buffet
21.00 Causerie éducative sur le thème: «La Culture comme facteur d’accroissement de l’Entrepreneuriat social au Cameroun : Cas de l’Adamaoua » – Participation des étudiants de l’Université de N’Gaoundéré
23.00 Fin des échanges et des activités de la journée

VENDREDI 23/10/2015 :

07.00 Petit déjeuner-Buffet
08.30 Départ de l’Hôtel et Visite des chutes Tello
10.30 Visite des chutes de la Vina
12.00 Déjeuner-Cocktail
13.00 Départ pour le Lamidat de Ngaoundéré
13.30 Visite et activités connexes au Lamidat (Sortie de la Mosquée du Lamido – Précession des notables – danses et chants traditionnels – Fantasia – Entretien avec le Lamido)
17.30 Retour à l’Hôtel et Relaxation
19.30 Dîner-Buffet
21.00 Causerie éducative sur le thème: «En quoi le social business diffère-t-il de la philanthropie ?»
23.00 Fin des échanges et des activités de la journée

SAMEDI 24/10/2015

07.00 Petit déjeuner-Buffet
08.30 Départ de l’hôtel pour le ranch Nana Bouba à Baledjam
09.00 Visite du Lac Tison
10.00 Visite du Ranch et Entretien avec El Hadj Nana BOUBA DJODA
12.30 Déjeuner-Cocktail
13.30 Départ pour le Mont Ndéré
14.30 Arrivée et ascension du Mont Ndéré
17.00 Fin de l’Ascension et Retour à l’Hôtel
17.30 Repos et relaxation
19.00 Dîner-Buffet
20.30 Ateliers de groupes pour la création de start-ups – Participation des étudiants de l’Université de N’Gaoundéré
23.30 Fin des ateliers et Soirée récréative au Boukarou
02.00 Fin des échanges et des activités de la journée

 DIMANCHE 25/10/2015 :

08.00 Petit déjeuner
09.30 Activité sociale , Visite d’un Orphelinat
11.30 Visite & Entretien avec El Hadj ABBO Ousmanou à N’Gaoundéré et visite de l’usine MAISCAM
14.00 Retour à l’hôtel
14.30 Déjeuner-Buffet
15.30 Repos et relaxation
16.30 Débriefing Voyage (1ère phase)
18.00 Fin du débriefing et Départ pour la gare de Ngaoundéré
19.15 Embarquement et retour sur Yaoundé

LUNDI 26/10/2015 :

09.00 Arrivée à la gare de Yaoundé
10.00 Brunch et Débriefing du Voyage (2ème phase) au Restaurant Case Nègre
13.00 Retour sur Douala
17.00 Arrivée à Douala

 FIN DE L’EXCURSION 2015.

>> Lire l’article de l’Excursion éducative “Adama et Awa”

ISMAEL NZOUETOM – STARTUP FOUNDER

Après avoir fait ses classes au sein de grandes entreprises créatrices de logiciels telle que MICROSOFT, Ismael Nzouetom fonde en 2010 sa startup I-Dispo.

A travers cet entretien, ce trentenaire retrace son parcours  depuis l’IUT de Bandjoun à la mise en place de son application SARA. Il retrace pour nous les étapes clés de la vie d’une start-up en mettant un accent particulier sur le financement et le rôle du capital investissement.

On ne vous en dit pas plus…

L’équipe SJC 

Olivia MUKAM – Chef d’entreprise , Fondatrice de Harambe

Photo - Olivia MUKAM 1

Récemment nommée au sein de Microsoft 4frika Advisory Council. Découvrez aujourd’hui Olivia Mukam. Fondatrice de HARAMBE Cameroon, elle est aussi promotrice de la PME SOLUTIONNEURS SARL.

Bonsoir Mademoiselle Olivia Mukam, vous êtes la fondatrice de HARAMBE CAMEROON et de la PME SOLUTIONNEURS SARL. Pourriez-vous en quelques lignes, vous présenter et nous dire comment vous est venue l’idée de créer votre association et votre PME ?

Je me nomme Olivia MUKAM. Je me décrirais comme une « activiste sociale » et un entrepreneur néophyte ; une camerounaise, une africaine. Ma passion est d’être serviable et utile à ma communauté, en boostant d’autres personnes autour de moi car c’est en donnant que l’on reçoit : « Giving is a living ».

C’est en partant de ce postulat que j’ai développé l’idée de créer HARAMBE en 2008. J’étais étudiante aux Etats-Unis et je participais au programme  du Harambe Entrepreneur Alliance (HEA) : Une organisation qui vise à  réunir des jeunes africains de la Diaspora désireux d’apporter de nouvelles idées et initiatives  au développement de l’Afrique. L’idée  d’Harambe Cameroun part du principe d’inciter les jeunes camerounais à trouver des solutions entrepreneuriales  en partant des problèmes quotidiens que rencontrent leurs environnements respectifs. Il s’agit d’encourager les jeunes à être des acteurs dans le processus de développement du Cameroun. Cela fait quatre ans aujourd’hui que nous œuvrons dans les lycées, collèges et facultés universitaires.

J’ai cofondée la PME « SOLUTIONNEURS » SARL  avec mon associé Charlie Wandji, expert-comptable de formation. Nous avons observé l’énorme potentiel que représentaient les étudiants d’HARAMBE CMR (de N’Gaoundéré, Bangangté, Buea, Yaoundé, à Douala), et nous avons décidé d’incarner ce que nous prêchions, en créant nous-même une entreprise. Ayant comme fondation, une base de données de plus de 500 jeunes à travers le pays,  Solutionneurs SARL a capitalisé sur le savoir-faire de jeunes compétents,  en exécutant des micro-tâches externalisées pour des entrepreneurs et PME venant des USA, UK et Nigéria. Le modèle de la PME est de soumissionner pour des projets/micro-tâches et de dispatcher le travail à un groupe de jeunes exerçant dans le domaine spécifié. Nous proposons une large palette de services : Comptabilité, traduction, logo design, data-entry, internet research, marketing de proximité, recherche légale, et autres.

Vous êtes, pour les jeunes du Cameroun, une source d’inspiration dans le domaine de l’entrepreneuriat social. Quelles sont les principales difficultés auxquelles vous avez dû faire face  dans le développement de vos activités?

Je peux humblement dire que les trois années de mon parcours en tant qu’entrepreneur au Cameroun, ont été plus qu’une école : Un réel apprentissage au quotidien. Comme l’indique notre slogan,  nous devons transformer nos problèmes en opportunités. A chaque fois que j’ai eu à rencontrer des problèmes, j’ai dû trouver la force pour m’auto-convaincre de ne pas laisser tomber !

Le premier obstacle a été celui de convaincre ces jeunes que nous souhaitions inspirer. Nous devions les encourager à s’impliquer davantage. Il fallait les persuader de croire en HARAMBE, en nos idéaux et notre modèle de développement. Nous avons organisé une multitude d’activités pour motiver les jeunes sur le terrain.

La seconde difficulté a été d’ordre logistique. Notre bureau de Yaoundé a été cambriolé à deux reprises, ce qui a considérablement ralentit notre évolution sur le plan matériel. Psychologiquement, vous devez vous remotivez pour avancer ! Nous avons ensuite fait face à des détournements multiples d’argent de la part de certains volontaires de l’organisation. Ce fût extrêmement décourageant ! Heureusement, j’ai pu compter sur le soutien de mes parents qui sont également  des entrepreneurs. En écoutant leur histoire, j’ai fini par me rendre compte que je n’étais même pas encore parvenu à la moitié du chemin à parcourir! J’ai donc commencé à relativiser ma situation et j’ai découvert que d’autres jeunes leaders de la société civile camerounaise rencontraient au quotidien les mêmes difficultés que les miennes.

Les témoignages des jeunes pour qui nous œuvrions, dont certains ont créé des Juniors Entreprises dans leurs universités, et d’autres utilisé l’esprit Harambe (Dynamisme et résolutions de problèmes) dans leur milieu professionnel, m’ont permis de mesurer  l’impact de nos actions.  Quelque soient les obstacles aujourd’hui, je ne pense plus qu’à mener mon projet à terme.

Photo - Olivia MUKAM 2

En tant que leader jeunes, quelles seraient pour vous les avantages d’une collaboration entre les entrepreneurs locaux et ceux de la diaspora ?

C’est une question pertinente qui mérite d’être longuement mûrie. A travers mon organisation, j’ai réalisé que dans la dynamique que nous vulgarisons, la diaspora pourrait énormément apporter en termes de business et de rentabilité, mais aussi de tutorat- mentorat. Les membres de la diaspora se situent aux frontières de la transmission d’informations et peuvent favoriser l’entraide en  créant des réseaux !

HARAMBE a connecté des jeunes porteurs de projets à des potentiels investisseurs de la diaspora. En 2013, nous avons pu mettre en réseau en six projets à travers  la compétition « Solutionneurs2013 ». La diaspora a également besoin des jeunes locaux pour les  aider à  implémenter les projets sur le terrain.

Beaucoup d’entrepreneurs locaux œuvrent dans le noir et ne communiquent pas assez autour de leurs idées et de leurs réalisations. Je pense qu’être connecté avec la diaspora représente un avantage certain pour élargir les champs d’expression et les perspectives des entrepreneurs locaux.

Dans quels secteurs pensez-vous que les jeunes entrepreneurs camerounais devraient investir et s’investir?

Partant du principe des avantages comparatifs, je pense que le premier secteur est celui des services. Deuxièmement, il  y a le potentiel agricole camerounais qui est très peu valorisé. La demande en produits maraichers et en denrées de première nécessité dans la sous-région Afrique centrale est largement supérieure à l’offre locale. Les jeunes ont donc à leur portée  cette manne intarissable qu’est l’agriculture et peuvent en faire une source de revenus de premier plan. J’y vois même une solution concrète pour sortir de la pauvreté et pallier aux problématiques de chômage et de sous-emploi des jeunes. Cependant cela doit absolument être encadré par les pouvoirs publics.

Que pensez-vous de l’apport des TIC dans le développement de l’entrepreneuriat Jeunesse?

Beaucoup de porteurs de projets proposent des solutions TIC aux problèmes sociaux. Malheureusement, ils ne disposent pas toujours de fonds nécessaires pour peaufiner leurs projets. Les TIC sont cruciales pour accentuer et étendre  l’impact socioéconomique de l’entreprenariat jeunesse.

Photo - Olivia MUKAM 3

Quels conseils à l’attention de ces jeunes qui veulent entreprendre aujourd’hui ?

Il faut avoir une vision claire de ce que l’on veut faire, parce que sans vision, il est difficile de surmonter les épreuves. Ici au Cameroun, il faut encore multiplier l’effort par 10 pour les jeunes et par 20 pour les femmes !

Pour cela, il faut être stratégique et méthodique :

  • Organiser sa pensée  et mettre par écrit ses idées même les plus saugrenues ;
  • Analyser le marché  et l’environnement dans lequel nous voulons exercer, même si l’analyse se fait à petite échelle. Analyser précisément (i) la demande potentielle pour le produit/service que nous voulons offrir ; (ii) être conscient de l’offre existante déjà sur le marché, c’est à dire  les concurrents ; (iii) déterminer sa plus value ;  et (iv) rechercher les partenaires d’affaires adéquats.

A Harambe, la plupart des jeunes qui viennent à nous pour le coaching ne prennent pas le temps de bien « penser leur projet ». Ils n’effectuent pas les recherches approfondies nécessaires sur leurs idées, le nom de leur entreprise, le comment du positionnement leurs produits/services. Or, ces recherches sont primordiales pour la survie de leurs projets.

En couchant ainsi son idée sur papier, en effectuant les recherches nécessaires,  en faisant une analyse approfondie du marché, le porteur de projet peut développer une maquette pour démarrer la phase pilote de son projet. Le projet-pilote doit être structuré de telle manière à générer des fonds, ou à défaut, trouver une solution alternative de financement. Il m’a par exemple fallu trois ans pour comprendre que je ne pouvais pas continuer à exclusivement compter sur les sponsors pour financer les programmes et les activités d’HARAMBE. Avec le concours d’un de nos membres comptable de formation, nous sommes parvenus à créer un modèle économique pour générer les fonds afin de soutenir les œuvres de l’ONG. Solutionneurs SARL est donc notre solution aux problèmes de financement des activités de HARAMBE Cameroun.

 

Mademoiselle Olivia Mukam, nous vous remercions de nous avoir accordé cette interview.

Céline Victoria Fotso – Fondatrice de Je Wanda Magazine

Photo - Celine FOTSO 1

Bonjour Mademoiselle Céline Victoria FOTSO, vous êtes la Fondatrice de Je Wanda Magazine. Pourriez-vous  en quelques lignes vous présenter et nous dire comment vous est venue l’idée de créer ce support d’informations ?

Bonjour, merci pour cet échange. Je suis une citoyenne du monde profondément attachée à sa culture d’origine, enrichie par les rencontres, les voyages et les expériences. Je cherche à ma manière à apporter ma contribution au développement du Cameroun en particulier, et de l’Afrique en général. Je mets au service de ce rêve camerouno-africain, les quelques connaissances que j’ai pu acquérir au fil des années (Ecole de Commerce, Design de mode, Yves Saint Laurent, Smalto etc.). Je Wanda Magazine est un média interactif afropolitain de tendances et de divertissements, né il y a trois ans d’une page Facebook créée en 2009. C’est tout simplement à la volonté de la communauté des 5000 fans de l’époque, que j’ai fait évoluer ce que nous partagions sur la page, vers un magazine dont la ligne éditoriale est de parler d’une Afrique positive à travers ses nombreux jeunes talents. Nous parlons de culture, lifestyle, tech, business, mode, people etc. tout ce qui intéresse finalement la jeunesse africaine, mais aussi ceux qui aiment l’Afrique.

Vous êtes, pour la jeune génération camerounaise, une figure montante de la communication web en Afrique. Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées dans le développement de vos activités et comment les avez-vous surmontées ?

Vous m’en voyez flattée et honorée ! Merci pour la distinction. Ce que mon projet a de particulier est  qu’il n’était pas planifié à l’avance. Il a été spontanément créé comme je vous l’expliquais, à la demande de nos fans. Nous avons certes une certaine notoriété, peut-être même un certain succès auprès du public, mais le challenge aujourd’hui est de structurer le projet en une réelle opportunité d’affaires. En somme, il est question de finaliser notre Business Plan, de pérenniser et rentabiliser le projet à travers un business model unique. A part cela, comme pour toute start-up, nous nous sommes heurtés  au manque de moyens pour développer notre activité. J’ai bon espoir que dans un futur proche cette étape de recherche de financement sera derrière nous, afin que nous puissions pleinement déployer nos ambitions pour le magazine.

Lors d’une interview sur Télésud, vous appeliez au retour des “forces vives” et vous êtes vous-même régulièrement au Cameroun où vous travaillez à conforter l’équipe sur place. Quels seraient les avantages d’une collaboration étroite entre talents locaux et ceux de la diaspora ?

Je suis une fervente militante pour le retour des filles et fils de la Nation de tous bords. Je pense profondément que le développement de notre pays se fera à travers ses filles et fils où qu’ils soient où qu’ils vivent, tant qu’ils œuvrent main dans la main. Je crois beaucoup en ce proverbe qui dit que l’union fait la force. Collaborer est essentiel. Voyager et voir ce qui se passe ailleurs est forcément enrichissant, cela permet une ouverture d’esprit qui est primordiale en ces temps de mondialisation.  Mais au final, il faut rentrer pour mettre son savoir-faire et son savoir-être au profit du développement de notre pays.

Savoir ce qui se fait ailleurs est un plus, mais cela n’a de sens que si on connait les réalités locales. C’est en ce sens que les « talents locaux » (qui est finalement une expression que j’apprécie de moins en moins) sont indispensables car ils maîtrisent les us et les coutumes locales, ils ont le « know how » propre au Cameroun. Il n’existe aucun endroit sur terre où vous pouvez prétendre faire des affaires sans tenir compte des habitudes culturelles et professionnelles qui y sont développées. Penser l’inverse serait de l’inconscience ou de la naïveté.

 Photo - Celine FOTSO 3

Comment entrevoyez-vous cette coopération ?

Tout d’abord je conseille à ceux de la diaspora d’avoir l’humilité d’admettre qu’ils ne connaissent pas le terrain en matière professionnelle. Connaître les adresses de Beignets/Haricot ou de « Njoka » ne suffit pas pour maîtriser l’environnement des affaires au Cameroun. De même, je dirais à ceux qui résident au Cameroun depuis toujours, d’avoir conscience qu’ils ont un savoir-faire propre au contexte camerounais, mais qu’ils gagneraient tout aussi à s’inspirer des idées qui viennent d’ailleurs. Le partage est  un facteur de développement et d’enrichissement. N’oublions pas que nous sommes tous, avant tout, camerounais dans le cœur. La coopération passe également par la connaissance et la compréhension de l’autre. Humilité et ouverture d’esprit sont pour moi les postures à adopter dans toute coopération. Venir du même pays est un plus, il serait dommage que les « clivages » entre la diaspora et les locaux deviennent un handicap. En résumé : compréhension, patience et ouverture d’esprit sont les maîtres mots.

Au cours de vos séjours au Cameroun, vous avez fait des rencontres avec de nombreux jeunes entrepreneurs et porteurs de projets. Quel est votre sentiment vis-à-vis de leurs offres ?

Je suis très heureuse de constater et de confirmer que les camerounais entreprennent. C’est une réalité certaine. Je dis toujours que posséder un call box, c’est être auto-entrepreneur. L’aspect informel de l’activité n’enlève rien à cela.

Les offres des jeunes entrepreneurs sont ambitieuses, novatrices, même si parfois peu réalistes. Mais le problème ne réside pas à ce niveau : Il faut toujours rêver grand tout en commençant petit. C’est très encourageant. Je regrette juste qu’ils ne soient pas davantage accompagnés et encadrés par l’Etat.  L’entrepreneuriat est un palliatif certain au chômage des jeunes ; nous ne pouvons pas attendre de l’Etat qu’il résorbe tout seul le chômage, mais nous souhaitons que plus de mesures soient mises en œuvre pour aider les entrepreneurs camerounais.


 

“Humilité et ouverture d’esprit sont pour moi les postures à adopter dans toute coopération.”


Dans quels secteurs pensez-vous que les jeunes entrepreneurs camerounais auraient des propositions intéressantes pour l’Afrique et le reste du monde ?

Je vais commencer par prêcher pour ma propre paroisse en parlant de l’industrie de la culture. La culture ou plus précisément les produits culturels sont sous exploités alors que la matière première est à portée de main. Elle ne demande qu’à être extraite, transformée et commercialisée. Je peux déjà noter deux secteurs prometteurs : la musique, le cinéma et leurs activités connexes (évènementiel, communication, distribution, relations publiques, médias…).

Ces deux secteurs auront un grand impact sur la mode, ou plutôt sur le textile qui pourra enfin prendre son envol. Le processus est très simple : un artiste célèbre a besoin de mettre des vêtements et d’en changer régulièrement. Il peut se faire habiller par des designers ou des marques locales. Les fans, qui ont tendance à copier les codes vestimentaires de leurs idoles,  chercheront à se procurer les vêtements correspondant au style de l’artiste. J’exhorte d’ailleurs les artistes connus et les personnalités du football qui ont une grande audience auprès des jeunes, à revêtir de temps à autres, les créations de leurs compatriotes. De même, j’encourage les designers camerounais à sortir de leur coquille en professionnalisant leur communication.

Pour finir : les TIC, l’agro-alimentaire, l’industrie cosmétique (pas les produits éclaircissants bien sûr !) ou la prestation intellectuelle de services (le conseil), sont les secteurs d’avenir.

De plus en plus d’investisseurs voudront s’implanter en Afrique dans les deux prochaines décennies. Il leur manquera le « know how ». Pour y remédier,  ils auront besoin de consultants, et ce, dans tous les domaines. Cela peut paraître paradoxal, mais en temps de mondialisation, apporter quelque chose de différent au monde est un avantage concurrentiel énorme. Il ne sert à rien de vouloir offrir une formule « copier-coller » venant d’une autre culture. Le monde veut des produits/services/solutions innovantes.  Il faut que nos entrepreneurs commencent par  distribuer ces produits à leurs compatriotes. Penser mondialisation, c’est bien.  Mais cela n’intervient à mon sens que lorsque le « public-père » est conquis.

Quels conseils donneriez-vous à cette jeunesse qui s’engage sur la voie de l’entrepreneuriat ?

Il n’existe aucun endroit sur terre où entreprendre soit facile. Il n’existe pas non plus d’environnement  où l’on devienne riche en claquant des doigts. Tout milliardaire véritable vous rappellera que seul le travail est la clé du succès. Il faut faire preuve de patience.

Il n’y a pas de « petite » idée. Mais des idées on peut en avoir 1000 ! Une idée sans plan de réalisation demeure un rêve.

Il faut donc savoir se remettre en question, développer une stratégie efficiente et se discipliner. Il faut prendre le temps de sérieusement structurer son Business Plan afin de s’assurer que l’on comprenne soi-même suffisamment bien ce que l’on souhaite faire.

« Think BIG but start small » : Il ne faut pas donner de limites à ses ambitions mais plutôt œuvrer pour atteindre ses objectifs. Quand l’objectif est clairement défini, tout se met en place au fil du temps et grâce au travail. Croyez en vous et envoyez balader ceux qui ne le font pas.

Pour voir son projet entrepreneurial aboutir,  Il faut au final être passionné parce qu’on fait. Seule la passion vous empêchera d’abandonner votre challenge en cours de route, quand vous vous sentirez débordé par les difficultés. Si vous n’êtes pas passionnés, changez de projet !

Mademoiselle Céline Victoria, nous vous remercions de nous avoir accordé cette interview.

L’équipe SJC

Manuela EBE – Fondatrice Akouma TV

Photo - Manuela EBE 1

Synergie de la Jeunesse Camerounaise lance cette semaine une campagne de célébration de nos jeunes femmes camerounaises. Nous sommes allés à la rencontre de Manuela EBE, fondatrice de AKOUMA TV. Retrouvez à travers ces quelques lignes, la genèse de Akouma TV, les expériences de Manuela et les leçons qu’elle tire de son aventure entrepreneuriale.

Bonjour Mademoiselle Manuela EBE, vous êtes la Co-Fondatrice de la Web TV AKOUMA. Pourriez-vous  en quelques lignes vous présenter et nous dire comment vous est venue l’idée de créer cette entreprise média ?

Bonjour et Merci de m’accorder cette interview. Je suis Manuela EBE EVINA, je suis titulaire d’un Master en Ingénierie Economie. J’ai toujours voulu mettre mes compétences au service de mon pays, et mon envie d’indépendance m’a poussée vers l’entrepreneuriat. Vous vous demandez sans doute comment d’une formation en Economie, je me suis retrouvée immergée dans la culture et les médias. En rentrant au Cameroun, j’ai été frappée par la crainte manifestée par mes collègues à l’étranger, face à ma décision de retourner dans mon pays natal.

Je m’explique : Pour ces derniers (en 2011), aucun avenir n’était envisageable en Afrique. Tout y était synonyme de misère, de guerre et de corruption. Je voulais montrer à travers mon aventure entrepreneuriale les choses bougent malgré tout. Je souhaitais mettre en avant  une Afrique riche, jeune et surtout innovante. Une fois le challenge lancé, je me suis associé avec une amie journaliste Andréa B., pour lancer AKOUMA TV : Une Web TV panafricaine principalement axée sur la culture.

Vous représentez, au sein de la jeune génération camerounaise, l’avenir de la Web TV au Cameroun. Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées dans le développement de vos activités ?

Merci du compliment. Vous savez, entreprendre au Cameroun relève du défi. Au-delà du manque d’appui de l’Etat pour les jeunes entrepreneurs, notre principale difficulté en ce qui concerne notre secteur d’activité demeure le capital humain. En lançant le projet, nous n’avions pas mesuré l’ampleur du manque de techniciens qualifiés en audiovisuel.  Nous espérons que d’ici quelques années, avec le développement des diverses plateformes médias qui se mettent en place, la main d’œuvre professionnelle suivra en conséquence.

Photo - Manuela EBE 2

Lors d’une interview vous aviez déclaré : «Je m’engage autant pour mon pays parce qu’on ne peut pas savoir où aller en ignorant d’où l’on vient. La culture est la base de tout». Vous appeliez au retour au Cameroun des “forces vives” de la diaspora. Quels seraient les avantages d’une collaboration étroite entre talents locaux et ceux de la diaspora ?

Etablir un pont entre les jeunes du continent et ceux de la diaspora fait justement partie des objectifs visés par AKOUMA TV. Nous avons besoin de travailler main dans la main si nous voulons réellement lancer un mouvement stable : il s’agit de s’inspirer les uns des expériences des autres.

Comment entrevoyez-vous l’établissement de ces ponts d’échanges et de partage ?

La coopération ne peut être effective et productive que si les jeunes, encadrés par l’élite dirigeante, décident de  mettre en place des pôles d’orientation et d’information comme celui tout récemment créée au Ministère des Relations Extérieures.

Depuis votre retour au Cameroun, vous avez fait des rencontres avec de nombreux jeunes entrepreneurs et porteurs de projets. Quel est votre sentiment vis-à-vis de leurs offres ?

Au Cameroun, il est indéniable qu’on note un souffle positif en ce qui concerne la création d’entreprises. L’offre est hyper variée et très « new génération ». Je déplore néanmoins que des secteurs tels que l’agriculture ne soient pas suffisamment mis en valeur.

Photo - Manuela EBE 3

 A ce propos, quels secteurs d’activités pensez-vous  propices à l’entrepreneuriat par les jeunes ?

Comme préalablement précisé, je pense que nous devrions  réellement encourager les jeunes à se lancer dans le secteur agricole, en multipliant les formations, les programmes d’accompagnement, et en accordant des subventions. Le secteur des services  est déjà en plein essor (restauration, hôtellerie, service à la personne…) mais devrait être plus suivi et mieux encadré si nous voulons respecter les normes internationales et proposer des offres concurrentielles dans la sous-région Afrique centrale et sur l’ensemble du continent.

 Quels conseils donneriez-vous à cette jeunesse qui souhaite entreprendre ?

De ma petite expérience, je pense qu’avant de se lancer dans la démarche entrepreneuriale, il est important de bien mûrir son idée. Lancer une entreprise, est un projet de vie, un sacrifice permanent. Plusieurs aspects doivent être pris en compte : l’absence de salaire les premières années, une vie sociale quasi inexistante, un entourage choisi avec soin ! Mais pour moi, la patience en entrepreneuriat est la base de tout. Comme nous l’entendons communément dire,  seul le travail paye. Alors, rêvons, osons et construisons.

Mademoiselle Manuela EBE, nous vous remercions de nous avoir accordé cette interview.

ELYON’S – BÉDÉISTE

Baniere Ebène duta

Découvrez aujourd’hui la jeune et talentueuse bédéiste Elyon’s. Honoré de l’accueillir parmi nos portraits de jeunes camerounais engagés, la Synergie de la Jeunesse Camerounaise vous propose l’interview d’une demoiselle authentique, perspicace et plein d’humour.

Bonjour, Elyon’s. Pouvez-vous, vous présenter à nos lecteurs ?

Bonjour, bonjour ! Alors, je m’appelle Elyon’s, je suis concepteur-rédacteur en agence de pub le jour, et auteure de Bande dessinée la nuit… Oui ! C’est vrai que ça ne me laisse pas beaucoup de temps pour dormir (rires).

 Vous êtes donc bédéiste. De quoi parlent vos histoires ?

Mes histoires abordent des thématiques diverses : la (sur)vie, l’amitié, la loyauté, l’identité, l’assimilation, les petits complexes de la vie de tous les jours. J’aime beaucoup parler des tracas de la vie quotidienne parfois avec humour, ce qui est par exemple le cas de l’un de mes personnages : Ebène Duta

Pouvez-vous nous en dire plus à propos de cette héroïne ? S’agit-il de vous-même ou d’un personnage de composition ?

Alors, Ebène Duta est une jeune fille noire qui vit en Europe. Ce n’est pas mon histoire, bien que quelques gags soient librement adaptés de certaines expériences de ma  vie privée ou de ce que j’ai pu voir autour de moi.

LVDD-Soutiens-Ulule

 D’où vous vient la passion de la BD ? Qu’est-ce qui vous inspire de nouvelles histoires ?

Je suis passionnée depuis toute petite. Je regardais et consommais énormément les BDs et dessins animés disponibles. J’ai voulu depuis mon plus jeune âge reproduire la même chose et en faire un métier.

Vous êtes un succès du Net, mais vous ne vous faites pas accompagner par les maisons d’édition. Est-ce l’histoire de cette femme noire, au quotidien plutôt naïf et à l’humour  tout aussi simple que léger, qui rebute les maisons d’édition ou alors vous avez tout simplement DECIDE d’entreprendre ?

Ben pour dire vrai… les maisons d’éditions que j’ai contactées à l’époque (et j’en ai contacté plusieurs) m’ont fait comprendre pour diverses raisons, qu’elles ne pouvaient pas publier cette BD. C’est vrai qu’à l’époque (2011-2012), le style d’Ebène n’était pas aussi « abouti »… Elles m’ont pour la plupart recommandée de créer une page Facebook afin de directement mesurer l’accroche du public.

Vous savez de nos jours, il y a soit du sexe à outrance, soit de la violence, des magouilles “politiquo-criminello-policières” ou encore des dessous occultes et religieux dans les œuvres diverses… Dans la vie d’Ebène Duta, il n’y a  rien de tout ça. Je peux donc comprendre qu’un éditeur se soit demandé si ça pouvait réellement plaire au public.

 LVDD-Cheveux crépus n°1 HD

 Quel est donc le système de communication que vous privilégiez ?

J’ai commencé par un blog mais j’ai vite choisi l’option Facebook parce qu’elle permettait d’avoir un retour quasi-immédiat des lecteurs et une proximité plus forte avec les fans. Que ce soit en LIKE, commentaires, partages, j’ai l’impression que seul un écran nous sépare…

 Diriez-vous que le « crowdfunding » est la solution 3.0 dans le rapport entre l’offre et la demande ?

Oulaaaaa…! Je n’irai pas jusque-là. Le crowdfunding est une collecte participative dans laquelle je me suis engagée parce que les fans m’écrivaient régulièrement pour savoir où se procurer la BD et à quel prix. Je ne conseillerai à personne de s’y aventurer sans s’être sérieusement préparé. C’est un système super ! Il est toutefois moins drôle quand les gens qu’on pense « fans », n’adhèrent plus quand il s’agit de participer financièrement au projet. J’ai pris mon courage à deux mains quand nous avons passé la barre des 10 000 fans.

LVDD---Tableau-des-paliers

A votre sens, est-ce un moyen efficient pour mobiliser les fonds, notamment pour les jeunes camerounais qui ambitionnent de s’investir le monde des affaires et de l’entrepreneuriat?

Hum…il y a encore beaucoup à faire en matière d’éducation sur la question ! Il n’est pas toujours évident de comprendre les systèmes de levée de fonds participative. Mais il faut bien commencer et que d’autres suivent, pour que l’éducation et l’appropriation de tels modes de financement se fassent plus rapidement.

 

Dans votre cas précisément, en quoi consiste l’opération de levée de fonds ? Que se passera-t-il si au soir du 20 février 2014, vous n’avez pas atteint votre objectif ?

Dans mon cas précisément, j’ai besoin de 12 500 euros / 8 200 000 frs CFA, pour produire 3 000 exemplaires de la BD ainsi que  les goodies que je souhaite faire parvenir à mes fans,  en récompense à tous ceux qui auront participé à cette aventure. L’argent est hébergé sur un site « ulule », et si je n’atteins pas la somme de 12 500 euros, le projet est annulé sur le site et l’argent remboursé à tous les participants.

 

Nous vous laissons donc User et Abuser de cette plateforme et de vos mots, de votre humour et de l’espièglerie de vos personnages ; pour lancer un appel à la mobilisation générale de la Jeunesse (du monde)…

Hahahahaha, ok… hum…hum : A toi Jeune et moins jeune, homme ou femme, enfant (passe l’ordi à ta mère, ton père, ton frère ou ta sœur parce que ce message ne te concerne pas). La vie d’Ebène Duta est bien plus qu’une BD. En participant à ce projet, tu participes à l’émergence d’une nouvelle forme d’entrepreneuriat, tu donnes de l’espoir à tous ceux qui se demandent s’ils peuvent créer un projet dans leur pays d’origine et le voir prospérer à l’international. Cette BD est publiée sur le net, et lue par des gens situés dans 40 pays dans le monde, dont 21 sur le continent africain.Donne de l’espoir, ris en lisant les gags, participe à partir de 5 euros/ 3 500 frs seulement avant le 20 Février. Ça ce sera ta Bonne Action du premier trimestre de 2014 : 😉

Quels conseils à l’attention des Bédéistes qui veulent se lancer, alors qu’en Afrique on « bédé » peu ?

On « Bédé » beaucoup en Afrique ! On ne communique juste pas assez dessus. Mais ça avance de mieux en mieux… la preuve : Qui eut cru qu’une BD noire, faite par une noire retournée dans son pays d’Afrique noire, puisse être autant lue et appréciée par toutes les peaux qu’elles soient noires ou pas? C’est aussi ça la force de ce projet qui comme tintin, lucky luke, asterix etc, dépasse la couleur de peau, connecte et rapproche les êtres.

Elyon’s, nous vous remercions pour votre temps, sans manquer de rappeler l’échéance du 20 février 2014 et le montant total de 12500€ ; sachant que vous en êtes déjà à 55 % !

LVDD-Chibi-Oncle Sam

Synergie de la Jeunesse Camerounaise vous invite à participer massivement au projet novateur “La vie d’ Ebène Duta” en vous rendant   ICI

Olivier Madiba – Startup Founder

9425_133118935938_1423172_nDécouvrez aujourd’hui le portrait d’Olivier Madiba, co-fondateur du groupe MADIA et manager du projet KIRO’O GAMES.


Bonjour Monsieur Olivier MADIBA, vous êtes le promoteur du projet KIRO’O GAMES qui se veut un studio de création de jeux vidéo, films et dessins animés inspirés des cultures et traditions africaines. Pourriez-vous  en quelques mots vous  présenter et nous parler de KIRO’O GAMES ?

Je suis MADIBA Guillaume Olivier, j’ai 28 ans et je suis né à Douala. Je suis le fils de MADIBA EDIMO Wilhem et d’EWANE SOMBE Colette. Je suis l’aînée d’une fratrie de 3 (un garçon et une fille, ils sont jumeaux). J’ai principalement grandi entre Yaoundé et Douala pour des raisons scolaires et académiques. Je suis titulaire d’une Licence en informatique de l’Université de Yaoundé 1 et co-fondateur du Groupe MADIA. KIRO’O GAMES est le premier studio professionnel de création de jeux vidéo d’Afrique Centrale. Il s’agit d’un projet que je porte depuis mes 14 ans, et j’ai pu rencontrer des passionnés (WOUAFO Hugues et YAKAN Dominique) avec qui nous avons travaillé en amateur, tout en gardant l’ambition un peu folle de devenir des professionnels du monde des jeux ludiques.

L’histoire du projet est succinctement expliquée dans cette vidéo :


Comment vous est venue l’idée créer un studio de jeux ludiques s’inspirant des mythes et cultures africaines ?

L’idée s’est constituée dans le groupe par étapes. A la mi 2012, le studio s’appelait MADIA GAME STUDIO et nous avions conçu AURION comme un simple jeu avec un héros noir. En cours de développement, nous avons commencé à penser à son look et l’idée de l’habiller avec une tenue inspirée des Massaïs (Peuple du Kenya) nous a montré le « filon » créatif que la culture africaine pouvait représenter. Nous avons donc entamé des recherches approfondies et nous avons trouvé une riche « matière première » à mettre en avant. La « chance » a voulu que je rencontre à ce moment de véritables sources d’inspiration, comme la fondation AMMAWOULI du Dr Cécile Marie Istasse –MOUSSINGA et l’œuvre MBÔMBÔLÈ de Mr Dieudonné IYODI. Nous voulions aussi rendre la pareille aux créateurs des mangas et des comics, ainsi que tous les autres game-designers qui nous ont fait rêvé avec des jeux magnifiques sur la mythologie grecque (God of War) ou japonaise (Onimusha), en apportant quelque chose à la table avec notre base culturelle.

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Vous définissez KIRO’O GAMES comme un projet de créations de jeux vidéo en exploitation une African Fantasy. Pouvez-vous nous apporter plus d’éclaircissements sur l’African Fantasy ?

L’AFRICAN FANTASY est un genre que j’ai découvert paradoxalement dans un livre de l’auteur français Jean-Christophe Chaumette, intitulé « la quête du neuvième cercle ». J’ai récemment  découverts des auteurs africains très doués sur le sujet comme Momi M’Buze qui a écrit les chroniques de l’empire Ntu.Le principe de l’African Fantasy est assez simple. Vous prenez un élément d’une culture ou mythe africain, et vous imaginez une version « extrapolée » dudit élément, un peu comme en science-fiction où l’on imagine un futur où la technologie est 1000 fois plus avancée que maintenant. Dans l’African Fantasy, vous imaginez et créez des mythes, traditions, artisanat 1000 fois plus fantasmés que maintenant.Nous avons voulu prendre encore plus d’avance sur ce concept en créant un genre complet qui en découle : le KIRO’O TALES. Il s’agira d’une African Fantasy avec des règles narratives particulières pour créer un éveil chez le joueur/lecteur, etc.

Notre génération est vulgairement qualifiée de « génération internet ». Au sein de la synergie de la jeunesse camerounaise, nous pensons que les médias dans leur ensemble doivent se responsabiliser en constituant des moteurs d’éducation et d’instruction populaire. Que pensez-vous pouvoir apporter dans ce sens à travers votre projet ?

Je suis d’accord, et dans ce sens, nous pensons à faire des jeux « intelligents » où il y aura certes de l’action, mais aussi beaucoup de thèmes qui vont semer les « graines de la conscientisation » dans l’esprit des jeunes joueurs africains.Le jeu vidéo a l’avantage de ne pas avoir généré de « blocage » dans l’esprit des jeunes africains, contrairement au  livre (à cause surtout d’un système éducatif agressif sur la question). Hélas !Le combat pour l’avènement des médias à caractère « utile » s’annonce toutefois rude dans la mesure où les médias sont soutenus par des financements capitalistes dont le seul objectif est de faire du chiffre, au-delà de leur supposé rôle d’éducation populaire. Vous conviendrez donc avec moi que dans ce monde où le scandale et l’indécent font le buzz, il devient difficile de demander à un investisseur de s’engager sur des projets de médias à bonne valeur. Le défi réel consiste à  rendre de nouveau le fait d’être « bien éduqué » plus à la mode, que le modèle du perpétuel gangster transformé en héros.

Comment envisagez-vous l’apport des mythes africains dans la construction des nouveaux modèles de pensée socio-économiques, ceux hérités de l’occident prouvant de plus en plus leurs limites ?

C’est un des principaux défis de notre génération. Créer un modèle d’évolution propre à ce que nous sommes,  qui inspirera l’ensemble de l’humanité pour que nous évoluions ensemble vers la prochaine étape.Je pars du principe qu’il n’existe pas de philosophie supérieure à une autre, et que les mythes, qu’ils soient  occidentaux, africains ou autres,  possèdent tous des limites. Par contre, en chacun d’entre eux, existe une essence particulière qui, bien exploitée au bon moment, est la solution idéologique à un problème de conscience globale. Il est donc temps de réinventer nos mythes en canalisant ce qu’ils ont de plus inspirant, pour construire une mentalité mondiale plus humaine (face à la mentalité de l’objet actuelle). Par exemple, réitérons le respect de la famille élargie, réitérons le principe de l’enfant non Roi (sans en faire un esclave) qui donnait des individus bien éduqués et intègres en lieu et place d’éternels adolescents capricieux. Réitérons le principe du respect du rôle de l’homme et de la femme qui se complètent en respectant les forces et faiblesses de chacun. Ce sont là, quelques-uns des éléments que les mythes africains enseignent, et qui peuvent constituer des sources de réflexion pour construire de nouveaux modèles de pensées et de développement propices au mieux-être des populations africaines.

Comment concevez-vous la place des jeux ludiques dans l’éveil de conscience et la réalisation de leurs compétences et énergies par les jeunes d’Afrique ?

Je répondrais en prenant l’exemple des chevaliers du zodiaque (saint seyia) chez les japonais. Ce n’était pas tout à fait un jeu vidéo, mais ce n’était pas non plus un simple dessin animé. Je suis prêt à parier que sur 100 japonais nés dans les années 1980-1990 qui sont aujourd’hui des travailleurs tenaces et rigoureux, 90 d’entre eux doivent leur « courage à pas abandonner » au fait de s’être identifié enfant à Seyia.Tout bon éducateur sait que l’enseignement humain par excellence s’accomplit quand le jeune s’identifie à un modèle positif. Ainsi, nos jeux doivent donner à nos enfants et petits-frères, des modèles de personnages courageux, des personnages qui font face à l’adversité, mais qui ont aussi le dilemme de garder le meilleur d’eux même face au pire. Il ne s’agit pas de créer des jeux de « pensée positive » mais surtout des jeux de « travail sur soi ».


Soyez créatifs tout en demeurant réalistes, il ne sert à rien d’avoir un rêve non rentable en affaire”


De manière plus large, quelle place donneriez-vous aux NTIC dans le processus  de développement de nos nations ?

Les NTIC sont des outils ; la réalité demeure que sans volonté humaine d’ordre et de cohésion, les NTIC ne changeront rien (la situation pourrait même empirer !). Un ordinateur ne fait pas de miracle, il permet juste d’améliorer la qualité et l’efficience de ce que l’on sait déjà faire. Les NTIC ne joueront un rôle moteur que si nous nous décidons d’abord à évoluer dans nos mentalités. A ce moment, nous pourrons les exploiter comme des accélérateurs de nos différents potentiels individuels et collectifs.

Où en est KIRO’O GAMES à date et quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez dans le développement de vos activités ?  Quelles sont vos ambitions pour les 2,3 prochaines années ?

Kiro’o Games est actuellement en chantier, l’ouverture est imminente et l’inauguration se fera dans les prochains jours. Nous avons eu assez d’investissement pour nous lancer, mais la procédure de vente des parts du studio est encore active. Si vous êtes intéressé, la part coûte 400 000 FCFA et peut vous rapporter 1 600 000 FCFA d’ici fin 2018 (avec un premier retour en 2014). Ecrivez-nous à contact@kiroogames.com pour obtenir plus d’informations à ce propos.

Connaissez-vous d’autres africains /camerounais ayant développé des projets du même type que le vôtre ? Y a-t-il une collaboration effective aujourd’hui entre les promoteurs de l’African fantasy ?

Il y a beaucoup de studios en Afrique du Sud et de l’Ouest qui se concentrent beaucoup plus sur le jeu mobile, et font d’ailleurs du très bon boulot. En Afrique du Nord on trouve surtout des studios qui sont des branches de grands éditeurs et studio européens (la plupart français).Au Cameroun et en Afrique Centrale, il y a d’autres jeunes camerounais qui travaillent dans le secteur mais ils sont à l’étranger, nous sommes en contact avec quelques-uns. Pour le moment, nous sommes les seuls à ce niveau de professionnalisme.

Quels conseils donneriez-vous à cette jeunesse qui souhaite entreprendre ?

Je dirais que le défi d’un entrepreneur jeune et africain est énorme. Votre travail ne consistera pas seulement à être un bon manager, mais à incarner un leader et un éducateur. Il sera capital que vous inculquiez à vos collègues votre sens du travail bien fait et de la rigueur, sans pour autant les frustrer. Un collaborateur fera la moitié de ce que son chef fait, donc mettez-vous à 40/20 pour avoir une équipe qui réalise un 20/20.De plus, ne vous lancez pas dans un domaine où vous n’avez pas de compétences techniques. Vous devez être en mesure  de continuer à porter votre projet tout seul, dans le cas où vous vous faites lâcher par l’ensemble de votre équipe. Soyez créatifs tout en demeurant réalistes, il ne sert à rien d’avoir un rêve non rentable en affaire. À Kiro’o nous simulons toujours le pire et on démontre que ça marcherait tout de même.

Ma devise personnelle est : être réaliste, c’est trouver un moyen rationnel d’atteindre un but magnifique.

Monsieur Olivier MADIBA, nous vous remercions de nous avoir accordé cette interview.

Jean-Gabriel Kuoh – Startup Founder

Jean Gabriel Kuoh

Join us to the much anticipated introduction of Dalekh.com founding figure , Jean-Gabriel Jemea KuohHe gives us an open and honest view of  experience of being a startup executive.


Hello Mister Jean-Gabriel Jemea Kuoh, you are the Founder of DALEKH.COM.Could you tell us in some lines how and when came to you the idea to create this platform?

I’m a US-based Cameroonian entrepreneur with a strong passion for Marketing, Agriculture and the Afro food industry in general. Being a big Afro foodie, I was wondering why our gastronomy is not popular. Many of my American friends didn’t know much about African food and every time I was inviting them to an African restaurant, they’ve all fell in love with it. That drove my interest and I saw a real potential there. Our cuisine is so amazing and diverse yet still remain unpopular; and I came to understand that to take things to the next level globally we have to offer more support to the driving forces of the industry (farmers, restaurants, caterers, chefs etc.).  I have been involved in marketing-related business ventures since my early entrepreneurial years and I have decided to put in better use this experience in promoting African cultures through the beauty of our gastronomy.  Dalekh was born after solid market research and analysis. We have made some good progress and my dream is to see African food to be as popular as Pizza, Sushi or Coca-Cola worldwide.

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You are, for the young generation in Cameroon, a rising figure of Web industry in Africa. What are the difficulties that you encountered in the development of your activities and how did you overcome them?

 

Thank you for the compliment. Africa is full of inspiring web entrepreneurs that I look up to. Many of them come from Nigeria, Ghana, South Africa and Kenya but I have been inspired by many of my fellow Cameroonian entrepreneurs as well. I don’t measure my status or rankings but it is for sure that through Dalekh.com, Afro-ethnic cuisine is getting more global appeal and attention because many of the foreign visitors of our platform finally agreed that African food is delicious, rich and flavorful. We certainly try our best to position our recipes and restaurants in an attractive way, and our online magazine drives interests. My project is still on going and we still have amazing features on the way; and I’m pleased to see great progress. Most of the challenges that I have faced in this project are similar to traditional challenges faced by my peers. As a start-up entrepreneur, you have to make sure your idea can be transformed into a viable business; and make sure that the right team is by your side to assist you in the process, as you cannot technically do everything on your own. The more you grow, the more expensive the operations become; so access to funding has been difficult at the beginning as well. Overall, it’s faith- faith on my project, my team and the potential of African cuisine- that gave me the courage to still be in business today. Nothing comes easy and it does require dedication, patience and wisdom to succeed. I am not afraid of taking some risks, and of making some mistakes because sometimes this is the best way to learn. This is an unpredictable journey- only faith, discipline, courage and passion are the sources of my strength.


“Only faith, discipline,courage and passion are the sources of my strength”


You were recently inviting to the Kongossa Web Series ( KWS) in Montreal. What was the purpose of your presence at that event?


For the past months, I have been invited in numerous conventions and conferences, and most recently the KWS Forum in Canada. I was invited to share some thoughts on how we can leverage technology for the Afro food industry. Technology can allow leaders of the Afro food industry to expand their operations, it opens doors to our farmers to work more efficiently, and it will allow African restaurants to be more competitive. I would like to see a better usage of technology so that Africa can expands its market share when it comes to AgriBusiness, and to better contribute to food security in our world. I have also shared how Afro restaurateurs can utilize the power of digital marketing as a new inexpensive yet powerful method of communication. This tool allows them to plan better, interact more easily, shoot higher and measure their results in a smarter way.

During your stay in Cameroon, you had the opportunity to meet with numerous young entrepreneurs and project leaders. What is your opinion in regard to their prospects in the future?

I am so pleased to have met many young creative entrepreneurs in Cameroon. The few I have met took my personal contacts and sent me emails with ideas and projects they have. We have many Steve Jobs, Dangote, and Mark Zuckergerg in our country. The ideas I have received are amazing and full of potential. I just hope that we have a better way to get these ideas funded, as this is critical for these initiatives to come to come to fruition. We heavily invest in Football and Education for our youth but I hope we can see more incubators and business development programs for these talented aspiring entrepreneurs. The ideas they have are just phenomenal and could be very much profitable.

In which sectors do you think that the young Cameroonian entrepreneurs would have interesting proposals for Africa and rest of the planet?

I would highly suggest Information Technology, Energy and obviously Agriculture.

What advice would you give to this youth who wishes to undertake new projects and companies?

Entrepreneurship is, in my opinion, one of the best activities in the world because it allows individuals to convert a simple idea into cash, to create jobs and establish financial security for our families. In the United States where i live, the power of entrepreneurship fuels substantially the economy. Entrepreneurship can greatly bring something fresh to our economy and transform our country. Entrepreneurship is known for these glamorous things, but not for the pain behind it. It requires strong planning, discipline, extreme patience, perseverance, and determination. These skills are keys to your entrepreneurial dreams.

I would advise our youth to follow their dreams and passion. Become an entrepreneur for the right reasons and not for the money, have a purpose and focus on it, and the rest will follow. Make sure you put together a solid plan, surround yourself with the best who could help you execute that plan and work extremly hard. Failure in Entrepreneurship is for those who give up! Never give up, because these moments will come where you just want to move on to something else. Personally and talking from experiences, I am not a big fan of serial entrepreneurship and i would advise our young people to focus on one thing. Be the best at it, Master your craft, your product, your market and make of Excellence your Motto!

Thank you for this interview

Christian Ngan – Chef d’entreprise

Douala - Septembre 2013 036

Découvrez aujourd’hui le portrait de Christian Ngan, fondateur de la marque de produits cosmétiques Madlyn Cazalis. Exemple parfait du “self made man africain”, il est aussi à la tête de Goldsky Partners, société gérante de la marque.


Bonjour Monsieur Christian Ngan, vous êtes le fondateur de Madlyn Cazalis et de Goldsky Partners. Pourriez-vous en quelques lignes vous présenter et nous dire quand et comment vous est venue l’idée d’entreprendre? 

Bonjour et merci de m’avoir reçu. Je suis Christian Ngan, j’ai fondé Madlyn Cazalis, une marque de produits cosmétiques naturels, 100% africaine, destinée aux peaux noires et métissées. Nous produisons des laits de toilette, lotions, crèmes, gommages, masques, savons et sérums et luttons férocement contre les produits éclaircissants. Je suis détenteur d’une Maîtrise de Gestion et d’un Master 2 en Affaires Internationales de l’université Sorbonne, ainsi qu’un Master en Ingénierie Financière de l’EM Lyon. J’ai travaillé durant plusieurs années dans l’univers du Capital Investissement et des fusions-acquisitions. En 2012, j’ai présenté ma démission et je suis rentré au Cameroun pour créer Goldsky Partners, société qui gère la marque Madlyn Cazalis.

 

Qu’est ce qui a motivé votre choix de rentrer entreprendre au Cameroun? 

J’ai toujours eu ce besoin d’entreprendre en Afrique, cette envie d’être mon propre patron et d’investir dans des projets sur le continent. A défaut de devoir attendre 10 à 15 ans pour devenir Managing Partner d’une banque d’affaires ou d’un fonds d’investissement, je me suis demandé pourquoi ne pas réaliser mes rêves tout de suite ? J’ai donc décidé à l’âge de 28 ans, de piloter mon propre projet d’investissement. 

Pourquoi avoir choisi d’investir dans le domaine des cosmétiques? 

J’ai fait un constat amer lors de mon voyage au Cameroun en 2010 : le « décapage » faisait des ravages et je ne comprenais pas comment mes sœurs africaines pouvaient continuer à détruire leur peau de la sorte. J’ai fait un second constat, la plupart des produits vendus au Cameroun sont soit dépigmentant soit adaptés aux peaux blanches. Or l’Afrique bouge et les africains réclament de plus en plus des produits qui leur ressemblent, des produits adaptés à leur identité. J’y ai vu une opportunité d’apporter des solutions à toutes ces femmes mais également aux hommes, que l’industrie cosmétique a souvent tendance à oublier. Madlyn Cazalis a pour objectif de créer des produits de qualité dont les africains seront fiers. Nous comptons aujourd’hui plus d’une vingtaine de points de vente et notre réseau s’étend progressivement en Afrique Centrale. La société a de très grandes ambitions pour les années à venir.

 

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Vous êtes pour la jeune génération camerounaise, un exemple de « self-made man ». Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées dans le développement de vos activités et comment les avez-vous surmontées ? Quelle analyse feriez-vous de la demande camerounaise vis à vis de votre secteur d’activités?

Je vais sans aucun doute vous étonner, mais les principales difficultés que l’on rencontre lorsqu’on démarre une activité entrepreneuriale ne sont pas forcément celles liées aux capitaux financiers. La plus grande difficulté est de se lancer, de se donner le courage de tout laisser et repartir « à zéro ». Je dois avouer que l’environnement économique camerounais peut souvent s’avérer hostile et très négatif. On ne fait pas beaucoup confiance aux jeunes, l’atmosphère est dominée par la gérontocratie parce qu’on a cette tendance à estimer que vieillesse égale compétence, ce qui est absolument faux. L’Afrique regorge d’une quantité insoupçonnée de jeunes entrepreneurs très actifs. Dommage que les pouvoirs publics ne les encouragent pas assez. Sur le terrain, je crois que les gens ne sont pas suffisamment disposés à accueillir l’innovation et la créativité, de même, le volet administratif souvent contraignant peut  décourager quelques-uns. Personnellement je pense qu’un entrepreneur reste un entrepreneur qu’il soit au Cameroun, au Bangladesh ou en Argentine, l’herbe n’est pas plus verte ailleurs. Je crois que la force d’un entrepreneur c’est de pouvoir s’adapter à toutes les situations peu importe les difficultés. Avec des difficultés au départ, la victoire n’est-elle pas plus belle et savoureuse ? Pour ce qui est de la demande camerounaise, elle est assez exigeante et très changeante. Les camerounais aiment bien la mode et les dernières tendances, ils ont besoin de produits de qualité dont ils sont fières, des produits pour eux, et par eux. L’Homme africain commence à prendre conscience de ses potentialités et des ravages liés aux produits décapants (peau abimée, dérèglements hormonaux, cancers etc.). L’éveil de conscience en termes de santé publique engendre donc un retour au naturel lié à la réappropriation de notre identité.

 


”  la force d’un entrepreneur c’est de pouvoir s’adapter à toutes les situations peu importe les difficultés.”

Lors d’une précédente interview, vous parliez de l’ouverture d’un centre exclusivement dédié aux produits Madlyn Cazalis, qu’en est-il? D’après vous, quels seraient les avantages d’une collaboration étroite entre talents locaux et ceux de la diaspora ?

Pour le moment, l’ouverture d’un centre n’est pas encore d’actualité. Cela faisait partie du projet initial mais nous avons opéré le choix nous concentrer sur la gestion de notre réseau de distribution préexistant. Nos clients peuvent se ravitailler chez nos Distributeur Agréé Madlyn Cazalis. Concernant les avantages d’une collaboration, les talents locaux pourront apporter à ceux de la diaspora leur maîtrise de l’environnement, et ceux de la diaspora une autre manière de voir les choses.

 Comment entrevoyez-vous cette coopération ?

Je crois qu’il ne faut pas faire la distinction entre les talents locaux et ceux de la diaspora. Nous devons former un front uni pour le développement. La division est justement ce qui nous frêne. Il faut éviter que certains jeunes de la diaspora ne prennent leurs congénères demeurés au pays de haut, et que certains locaux ne développent des complexes. Nous sommes avant tout des jeunes camerounais et l’échange doit se faire des deux côtés sans arrières pensées. La pire erreur qu’un jeune de la diaspora puisse faire en rentrant est de se dire « je sais tout parce que je suis allé en France ou aux Etats-Unis ». Tout le monde peut apprendre de l’autre, il n’existe donc pour moi aucune frontière à l’échange.

 

Etant un jeune chef d’entreprise au Cameroun, vous faites certainement des rencontres avec de nombreux jeunes entrepreneurs et porteurs de projets. Quel est votre sentiment vis-à-vis de leurs offres ?

Je suis fière de constater que ces dernières années, de plus en plus de jeunes prennent l’initiative de rentrer s’installer au pays pour y développer des projets. Depuis que je suis rentré au Cameroun en 2012, une dizaine d’amis basés en Europe ou aux Etats-Unis sont eux aussi rentrés définitivement. Depuis, j’ai dû croiser plus d’une vingtaine de jeunes comme moi qui développent des projets intéressants dans divers secteurs (santé, médias, immobilier, ressources humaines, informatique, musique etc.). Je crois qu’en créant des synergies nous pourrons aller très loin. Lorsqu’on est seul on va vite, lorsqu’on est en groupe on va loin. Vous devez connaître cette citation.

Dans quels secteurs de l’économie pensez-vous que les jeunes entrepreneurs camerounais auraient des propositions intéressantes pour l’Afrique et le reste de la planète ?

Je crois que les secteurs ne manquent pas, d’autant plus qu’on observe un manque de solutions créatives dans notre environnement des affaires. Nous avons un manque cruel d’infrastructures, de systèmes efficaces de santé, d’activités culturelles (le Cameroun ne compte plus aucun cinéma par exemple, une honte !), d’activités à fortes intensité capitalistiques, d’agro-industries. De nombreuses opportunités s’offrent aux jeunes entrepreneurs camerounais et africains mais il faut bien penser son projet et bien évaluer les risques avant de se lancer même si un secteur semble très alléchant à première vue.

 

Quels conseils donneriez-vous à cette jeunesse qui souhaite entreprendre ?

Avant tout, j’encouragerai chaque jeune à bien penser son projet avant de se lancer, mais une fois tous les éléments en tête, lancez-vous immédiatement. L’attente ; l’immobilisme et la procrastination sont les ennemis de l’entrepreneur. Foncez et ne vous dites pas que c’est l’argent qui fera votre projet. C’est le projet qui fait l’argent et non le contraire. Il vous faudra certes un apport minimum, mais j’incite les jeunes à apprendre à commencer à l’échelle 0 et à croître progressivement. Ne vous laissez pas polluer par les critiques mais soyez à l’écoute des conseils, soyez humbles et apprenez chaque jours. Laissez votre orgueil, les dépenses futiles et la théorie de côté. Un seul mot : « foncez » !

 

Merci de nous avoir accordé cette interview.