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Ostéoporose : une maladie qui porte le visage de la Femme !

L’ostéoporose

Maladie généralisée du squelette, l’Ostéoporose s’explique par une diminution de la Densité Minérale Osseuse (DMO). Cette diminution de la DMO, entraîne des modifications de l’organisation structurelle de l’os en augmentant sa fragilité. Résultat : des fractures surviennent plus facilement en cas de traumatisme, régulièrement à la suite d’un effort (même léger) à des stades avancés.

La maladie est caractérisée par une perte de la résistance des os qui prédispose aux fractures. Généralement, les os se fragilisent en raison d’une accumulation de carences principalement alimentaires : calcium, phosphore et autres minéraux essentiels. L’ostéoporose rend les os plus poreux et par conséquent plus susceptibles de se fracturer lors d’une chute que d’aucuns considèreront comme banale et qui… en temps normal, n’aurait laissé que quelques douleurs et/ou fous-rires.

Les études scientifiques démontrent que les personnes âgées de 65 ans et plus sont plus sujettes à l’apparition de la maladie. Mais celle-ci, insidieuse et opportuniste, peut parfois survenir plus tôt (dès la trentaine !). Ainsi, les spécialistes estiment que la maladie touche ou touchera  1 femme sur 4 et 1 homme sur 8 au cours de leur vie.

Ils concluent leurs observations en interpellant les femmes en particulier. En effet,  de l’âge de 50 ans à la fin de leur vie, 4 femmes sur 10 subiront une fracture mettant en cause l’ostéoporose. 4 femmes sur 10 !

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Les principaux os touchés sont liés à la mobilité. Ce sont ceux de  la hanche, des poignets et de la colonne vertébrale. Ils subissent le plus souvent une fracture attribuable à la maladie.

Nous insistons et en faisons notre objet de sensibilisation pour le 8 mars, dans le sillage des célébrations de la Femme afin d’inviter à la prise de conscience, d’interpeler, d’informer pour inciter les unes et les autres à… de meilleurs comportements alimentaires et responsables. Tant les femmes sont celles qui cuisinent, tant ce sont elles qui sont les mieux à même d’inculquer des comportements alimentaires et sains. En ceci que l’ostéoporose n’engendre spécialement aucun symptôme avertisseur, difficile à guérir, cette “guérison“ réside dans sa  prévention attentionnée. Ce n’est pas sans raisons que ses adversaires (médecins, ostéopathes, nutritionnistes, kinésithérapeutes…) lui ont donné des surnoms aussi accusateurs que mesquins : le « Voleur silencieux »… le « Mal silencieux ». Le plus souvent, c’est à la suite d’une chute minime amenant une fracture inversement proportionnelle que la perte osseuse est constatée. Toutefois, il convient de scruter quelques indices simples notamment une réduction de la taille (de 4 cm ou plus), liée à une courbature du dos, causée par un affaissement des vertèbres, ledit  affaissement peut entraîner des douleurs intenses au dos. Ou alors, se faire examiner régulièrement (par un authentique diplômé en sciences médicales) en cas de douleurs répétées qui ne sont pas d’origine musculaire.

 

Les personnes à risque

Sont considérées comme personnes à risque :

  • Les personnes âgées de plus de 65 ans ;
  • Les personnes ayant déjà subi un écrasement des vertèbres ou une fracture vertébrale ;
  • Les personnes ayant des antécédents familiaux de fractures causées par l’ostéoporose (l’ostéoporose est une maladie héréditaire) ;
  • Les femmes ayant eu une ménopause précoce (avant l’âge de 45 ans), pour des raisons naturelles ou après l’ablation de leurs ovaires. La production d’oestrogènes, qui contribuent au maintien de la masse osseuse, diminue beaucoup à la ménopause. Plus le temps d’exposition du corps aux oestrogènes est long, plus le risque d’ostéoporose diminue. De plus, les femmes qui manquent d’oestrogènes en raison d’une maladie appelée hypogonadisme sont aussi à risque accru ;
  • Les personnes atteintes d’une maladie qui interfère avec l’absorption du calcium dans l’intestin (par exemple, la maladie de Crohn) ;
  • Les femmes qui ont eu des périodes d’aménorrhée de plus de 6 mois (hormis la grossesse) ;
  • Les personnes qui ont déjà suivi un traitement aux corticostéroïdes par voie orale durant plus de 3 mois.
  • Ceux et celles qui ont pris ou prennent des médicaments anticonvulsivants ou de l’héparine ;
  • Dans une moindre mesure, les personnes atteintes d’arthrite rhumatoïde ou ayant déjà fait de l’hyperthyroïdie. Ces 2 facteurs derniers sont cependant considérés comme mineurs.

Ainsi, nombre de facteurs bien connus des urbains et des sociétés africaines accroissent le risque d’ostéoporose. Leurs effets peuvent être cumulatifs. Toutefois, l’on a pu constater que leur influence est moins importante que celle des facteurs décrits dans la partie des personnes à risque. Sont par conséquent dénoncés :

  • Le manque d’exercice physique ;
  • Une alimentation pauvre en calcium tout au long de la vie (mais surtout avant la trentaine, d’où l’importance de s’y prendre tôt. La protection des enfants est un soutien à la santé des adultes qu’ils seront) ;
  • Une carence en Vitamine D, causée par une exposition limitée à la lumière du soleil ou par une alimentation pauvre en celle-ci. Cette vitamine est essentielle au métabolisme du calcium ;
  • Le tabagisme !
  • Une perte de poids importante (plus de 10 % du poids corporel) avant l’âge de 25 ans, ou un poids inférieur à 60 kg (132 livres) ;
  • La consommation excessive d’alcool ;
  • Une grande consommation de caféine (café, colas, boissons énergisantes, chocolat). La caféine “augmenterait“ les pertes de calcium et autant le débit urinaire. Les experts recommandent habituellement aux personnes âgées, en plus de s’assurer d’un apport adéquat en calcium et en vitamine D, de ne pas boire plus de 3 (petites) tasses de café à la journée.

La prévention

Dans le cadre de la prévention de l’ostéoporose, l’objectif majeur  est d’empêcher les fractures. La prévention doit s’assurer de réduire de moitié le risque de fractures associées à l’ostéoporose. Nul  n’envisage de tomber ou ne prend rendez-vous avec des chutes. Néanmoins, il convient de se préoccuper de prévenir comportements à risques de type cascade qui concourent aux fractures dès le plus jeune âge. C’est l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé qui le suggère : plus tôt on adopte un mode de vie sain, meilleurs seront les gains.

Les Mesures préventives primaires sont les suivantes. Elles vont en secouer plus d’un, tant il nous revient de répéter ce que tout adulte intelligent sait, oui sait bien !

Les 3 mesures suivantes sont les plus usitées. Tout en évitant, bien sûr le plus possible les facteurs de risque décrits plus haut.

j04278141-   Faire de l’exercice physique. Les études montrent que l’exercice physique est bon pour les os, tout au long de la vie. Être actif durant l’enfance et l’adolescence est particulièrement important, cela permet de se constituer un squelette plus résistant, donc de faire des réserves de masse osseuse qui serviront à l’âge adulte. Les personnes en forme physiquement développent un meilleur équilibre et une meilleure coordination, qui concourent à la réduction du risque de chute.

Il est recommandé de pratiquer un minimum de 30 minutes d’activité physique au moins 3 fois par semaine. Ce qui importe le plus n’est pas la durée des séances, mais leur fréquence.

A cet effet, les divers types d’exercices :

  • Les exercices des articulations portantes ont un effet de gravité sur le squelette. Ils forcent le corps à soutenir le poids de l’ensemble de tout le corps. Sont conseillés : la course à pied (descendez trois carrefours avant votre domicile en rentrant le soir), des sauts (à la corde, par exemple), le tennis ou les sports d’équipe tels que le football du dimanche (« la santé »).
    Les activités au cours desquelles le poids corporel est supporté (vélo, natation), bien qu’excellentes pour la santé cardiorespiratoire et le maintien de la masse musculaire, n’ont pas d’effet majeur démontré sur la masse osseuse. Elles sont néanmoins activités complémentaires.
  • Les exercices contre résistance consistent à déplacer des objets ou son propre corps de sorte à produire une résistance. Ils s’effectuent avec des poids et haltères ou avec les appareils de musculation qu’on trouve dans les centres de conditionnement physique.
    On obtient, cependant, les mêmes résultats en exécutant certains travaux quotidiens qui exigent de manipuler ou de pousser des charges lourdes. Par exemple, pratiquer le jardinage au moins 1 heure par semaine serait le deuxième meilleur exercice, après les poids et haltères. Faites vos pompes et amusez-vous, sculptez-vous, embellissez-vous. Ça fait mal aujourd’hui, c’est bon pour demain !
  • Les exercices visant à améliorer l’équilibre, certaines formes d’arts martiaux pour les plus braves et pour les doux : le tai-chi, le qi-gong ou un entraînement qui rétablit une posture adéquate durant la marche devrait être considéré afin de prévenir le risque de chute. Dans le cadre du qi-gong. Il pourrait même être un outil diplomatique pour la communication avec nos nouveaux compagnons asiatiques.

2-   Manger des aliments riches en calcium, dans le cadre d’une alimentation riche, variée et équilibrée.

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Presque toutes les cellules du corps ont besoin de calcium pour bien fonctionner. Une alimentation qui contient suffisamment de calcium permet de combler les besoins du corps sans qu’il ait à puiser dans ses réserves, c’est-à-dire dans les os. On peut obtenir un apport suffisant en calcium en mangeant régulièrement des produits laitiers (fromage, yaourt fait maison, lait), du saumon avec les os (pour les riches), de la sardine avec les os (pour tout le monde), des légumes vert foncé (folon, brocoli, choux chinois, ndolè…), des produits à base de soja (lait de soja enrichi de calcium). Y ajouter du poisson et préférer la viande blanche (poulet, dinde, volaille en général) à la viande rouge (bœuf, viandes de brousse). 

3-   Avoir un apport suffisant en vitamine D. Cette vitamine est vitale pour la santé des os et des dents. Elle améliore l’absorption du calcium dans l’intestin et participe à la fixation de ce minéral dans les os. Sa forme active est synthétisée dans la peau lorsque celle-ci est exposée aux rayons ultraviolets du soleil. On trouve peu de vitamine D dans les aliments sous sa forme active, hormis dans les poissons (sardine, maquereau, hareng, saumon, etc.). Certaines céréales et certaines boissons de riz ou de soja sont aussi utilisables.

Prévenir puis dépister. La majorité des groupes d’experts, recommandent aux personnes suivantes (et celles à risque) de subir une évaluation poussée du risque de fractures par un médecin. Spécialement :

  • les femmes et les hommes de 65 ans et plus,
  • les femmes ménopausées potentiellement à risque (selon le médecin),
  • les hommes de 50 ans et plus potentiellement à risque, selon le médecin.

Dans certains cas particuliers, par exemple en cas d’arthrite rhumatoïde, un dépistage devrait être recommandé avant la cinquantaine !

Conseils particuliers de Perrine de la FOURCHADIERE, Docteur en Nutrition, Douala Cameroun

  • L’ostéoporose est une maladie insidieuse, privilégiez le dépistage dès 50 ans. Les autorités sanitaires en parlent peu : comme du diabète gestationnel. Alors que ce sont les femmes qui y sont plus sujettes, elles sont très peu prises en charge. D’où l’importance d’une prise de conscience personnelle pour modifier les comportements à risque.
  • Elle présente un caractère génétique, on n’en guérit pas, par conséquent privilégiez la prévention. Il est toutefois possible de ralentir son développement avec une supplémentation en oligoéléments, minéraux et une consommation de 1000 mg de calcium/jour ET SURTOUT : cube, arômes… la diminution de SEL. (Note de la SJC : l’OMS préconise 5g/j, au Cameroun nous sommes en moyenne à 10g/j. Ce trop plein de sel est aussi à l’origine de l’ « épidémie » d’Hypertension[1].)
  • Rassurez-vous on vit « bien » malgré la maladie, si on suit quelques recommandations importantes : du sport pour le renforcement des os, une alimentation riche et équilibrée, se faire suivre par un kinésithérapeute/ergothérapeute en cas d’atteinte forte
  • Il est crucial de prévenir cette maladie dès l’adolescence jusqu’à 30 ans environ, en adoptant des comportements vertueux lorsque le corps est en construction. A partir de 30 ans, on constate une diminution de la masse osseuse : plus de destruction d’os que de construction.
  • Sermon d’Hippocrate : « Que ta nourriture soit ton médicament et que ton médicament soit ta nourriture »

Recommandations de ROSALINE NYA, Docteur en Kinésithérapie (Yaoundé Cameroun Tél 699.82.36.22)

  • « Le traitement de la maladie s’accompagne obligatoirement d’un suivi Kinésithérapie lourd qui luttera de façon préventive et curative contre les facteurs favorisant l’évolution de la maladie »
  • « La pratique d’une activité physique régulière est absolument primordiale dans la prévention de l’ostéoporose et ce dès le plus jeune age »
  • « Deux types d’ostéoporose intéresseront particulièrement la kinésithérapie : L’ostéoporose primitive (ostéoporose primitive commune ou d’involution, due principalement au vieillissement ) et,  l’ostéoporose d’immobilisation (due à une immobilisation prolongée)»

Conseils particuliers de Murielle Kemougne Docteur en Pharmacie, Issy-Les-Moulineaux, France :

  • En termes de traitement et prévention un apport suffisant en vitamine D, en calcium et en protéines ainsi qu’une activité physique régulière permettront de freiner la perte de densité osseuse.
  • Contre une ostéoporose, il existe des curatifs à base de biphosphonates ou d’hormones qui permettent de limiter la perte osseuse et de diminuer le risque de survenue de fracture.
  • Si je devais donner un conseil aux jeunes femmes je leur recommanderais d’avoir une alimentation équilibrée et riche en vitamine D, en calcium et en protéine, associée à une activité physique régulière et une consommation limitée de tabac et d’alcool. Cela permettra un meilleur renforcement des os.

Remerciements chaleureux à ces trois protectrices de la santé ! Mais aussi à Mesdames Aline Penda, Dentiste (exerçant à Douala Akwa Cameroun) et Pechens Owona, Docteur en Pharmacie (sise à la “Pharmacie du Centre” à Douala) ; dont les conseils nous ont grandement servis pour rédiger cet article.

C’est l’occasion pour nous SJC de vous lancer un défi sanitaire… Mais vous aurez plus de détails, ultérieurement, via les réseaux sociaux.



[1]              International Forum for Hypertension Control and Prevention in Africa, Fondation Camerounaise du Cœur, Ligue Camerounaise de l’Hypertension