Laura EBOA – Co-Fondatrice de Fashizblack Magazine

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A travers sa campagne de célébration de la Journée internationale de la Femme, Synergie de la Jeunesse Camerounaise vous invite à la rencontre de Laura EBOA. Co fondatrice et directrice générale du magazine FASHIZBLACK, Laura nous retrace le parcours du magazine et son expérience en tant que chef d’entreprise.

Bonjour Mademoiselle Laura EBOA, vous êtes la co-Fondatrice du magazine de mode et de culture FASHIZBLACK. Pourriez-vous  en quelques mots vous  présenter et nous dire qu’est-ce que FASHIZBLACK ?

Bonjour, je suis Laura EBOA SONGUE, co-fondatrice et directrice générale de FASHIZBLACK. Après l’obtention de mon baccalauréat au Cameroun il y a dix ans, j’ai été admise en classe préparatoire puis en école de commerce en France. En parallèle à mes études, je me suis lancé dans l’entreprenariat à travers le projet FASHIZBLACK.

FASHIZBLACK est un média innovant 360°, conçu autour d’une plateforme Internet, d’une publication print exclusive, de réseaux sociaux interactifs et d’application mobiles, tous dédiés aux Diasporas noires à travers le monde. Tous ces supports sont complémentaires et façonnés pour révéler un contenu Mode, Beauté & Lifestyle à une audience de niche, autour d’une marque Cross-Media et de l’offre complète que nous créons.

Comment vous est venue l’idée de créer un magazine consacré à la mode, la beauté et la culture africaine ?

La création du magazine a été un processus long et surtout très organique. L’idée d’un blog de street-style a commencé a germé en fin 2007, ce qui a mené à son lancement en 2008. De fil en aiguille, conscient des manques et des opportunités du marché, nous avons lancé le site Internet le 14 Septembre 2008. Il s’en est suivi un magazine en ligne, sa version anglaise (avec Solange Knowles en couverture exclusive), puis le lancement du magazine print en Janvier 2012. Nous n’avions pas du tout planifié d’en arriver là il y a 5 ans, mais nous avons fonctionné à l’instinct, et nous y voici!

En Janvier 2012, vous avez lancé l’édition et la production d’un bimestriel papier en France. N’avez-vous pas crains le peu d’enthousiasme des lecteurs face à la mode africaine ?

Comme indiqué précédemment, nous avons été portés tout au long de notre évolution par notre lectorat et leur incroyable dynamisme. Nous sommes nés sur Internet, il a donc été plus ou moins évident pour nous de jauger les réactions du public et de cerner leurs besoins. Par ailleurs, le lancement papier n’a été possible que grâce à une campagne de crowdfunding durant l’été 2011, où nous avons levé plus de 45.000 $, uniquement grâce à nos lecteurs. Chose absolument inédite dans notre domaine. Nous ne pouvions pas espérer meilleure confirmation.

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La mondialisation, outre le procédé d’échanges commerciaux, est également une plateforme de partage culturel. Pensez-vous que la valorisation et la vulgarisation de la beauté et de la culture africaine peuvent influencer positivement la perception que les jeunes africains ont d’eux-mêmes et la vision généralement pessimiste qu’ont les autres de notre continent d’origine ?

ABSOLUMENT ! C’est le cœur de ce que nous faisons au quotidien. Je n’ai pas grand-chose à rajouter; pour moi, tout commence par l’estime de soi. Il s’agit en effet de normaliser une beauté, une culture et une façon de vivre que l’on voit trop peu dans les médias généralistes, et qui pourtant nous définit de manière intrinsèque bien au-delà des clichés pessimistes qu’on a pu subir jusque maintenant.

Comment se porte FASHIZBACK aujourd’hui ? Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez dans le développement de vos activités et quelles sont vos ambitions pour les 2,3 prochaines années?

FASHIZBLACK est un média en plein développement, nous faisons donc face à des challenges divers et variés. Nous nous construisons encore une place en tant que média de référence. Nous ambitionnons de fidéliser le lectorat que nous voulons croissant. Nous nous sommes également lancés à la conquête d’annonceurs de prestige, en passant par le renforcement de notre structure administrative et financière. Nombreux sont les points que nous travaillons à améliorer au quotidien pour forger une entreprise saine.

Existe-t-il aujourd’hui sur le marché d’autres magazines consacrés la mode et la culture africaine ? Connaissez-vous d’autres jeunes camerounais porteurs de projets dans ce domaine ? Existe-t-il une coopération avec ces derniers ? 

A ma connaissance, il y en a très peu, et ils sont en général locaux. Jones Magazine aux USA, MANIA au Nigéria, … Nous sommes le seul média Mode, Beauté et Culture sur le marché global. Il existe bien sur des Camerounais travaillant dans le milieu de la Mode, de la Beauté ou de la Culture. La coopération entre ceux-ci n’est pas due à notre nationalité commune mais plus aux synergies des différents métiers complémentaires et aux talents de chacun.

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FASHIZBLACK a-t-il des partenaires implantés au Cameroun ? Travaillez-vous en collaboration avec des jeunes du terroir ?

Nous ne sommes pas encore implantés au Cameroun. C’était une question de choix stratégique : nous n’avons pas voulu nous y implanter par pur patriotisme. Etant un média Afropolitain, nous avons eu de “plus gros morceaux” à attaquer en amont et des audiences beaucoup plus dynamiques telles que le Nigéria, le Ghana ou l’Afrique du Sud qui connaissent des évolutions extraordinaires dans l’industrie de la culture, des arts et de l’entertainement en général. Cela faisait donc véritablement du sens pour nous. Cependant, en tant que média, nous avons déjà mis en avant des designers Camerounais, et nous suivons de très près ce qui s’y passe.

Dans quels secteurs de la mode et de la culture, conseilleriez-vous à nos congénères d’entreprendre ?

Etant un média, nous avons une multitude de corps de métiers adjacents à notre activité. Designer, photographe, maquilleur, coiffeur, mannequin, agent, producteur… Je ne pense pas pouvoir indiquer un métier plus qu’un autre, mais je pense que l’on manque encore de structures, de rigueur et d’identité dans ce secteur au Cameroun. Tout reste à faire et on assiste encore aux premiers balbutiements d’une industrie créative en quête de repères.  Il faut le voir comme un univers incroyablement riche en opportunités. Dans  ce type d’industrie, qui est au final une industrie centrée sur le talent, je ne peux que conseiller à ceux qui l’ont (ou ceux qui le managent), de se doter de moyens et des structures nécessaires.

De manière générale, quels conseils donneriez-vous à cette jeunesse camerounaise qui a soif d’entreprendre ?

Je ne pense pas réinventer la roue. Le discours sera toujours le même mais je le pense nécessaire. Une idée ne vaut absolument RIEN. Tout réside dans l’exécution. Au-delà d’encourager à entreprendre, j’encouragerais à maitriser l’industrie dans laquelle vous voulez vous lancer. Faites votre travail de recherche en amont, soyez proactif, soyez curieux, ayez soif d’en savoir plus. Rassemblez tous les outils indispensables pour vous lancer, et ensuite, misez sur le travail et la résilience pour atteindre vos objectifs.

Mademoiselle Laura EBOA, nous vous remercions de nous avoir accordé cette interview.

2 réflexions au sujet de « Laura EBOA – Co-Fondatrice de Fashizblack Magazine »

  1. Une idée ne vaut absolument RIEN. Tout réside dans l’exécution. Merci Laure .

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