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Mot du Président SJC

8432_143815863976_623773976_2634498_3533617_nL’année 2010 a marqué pour la plupart des pays d’Afrique francophone, la célébration du cinquantenaire des indépendances. 50 ans ! Âge symbolique qui impose que l’on fasse le bilan. Comment nos jeunes nations ont-elles assumé et assuré leur autonomie ? Quels en ont été les conséquences et impacts sur leur développement ? Quelles doivent être les mesures  à mettre en place pour que l’ensemble du continent soit effectivement émergent à l’orée de la célébration des centenaires de nos indépendances en 2060 ?

Cette dernière question pousse à s’interroger sur la nécessaire prise en compte de notre jeunesse. En effet, avec plus de 50% de la population âgée de moins de 20 ans, le continent africain ne pourra s’assurer un développement stable et durable que si les problématiques qui touchent ses jeunes sont considérées comme des priorités. Absence d’eau potable, difficulté d’accès à l’électricité et l’éducation à un coût abordable, exode rural, chômage et sous-emploi sont le quotidien de cette tranche de la population appelée à construire une Afrique prospère. Au-delà des difficultés liées à la matière et à la panse, cette Afrique porteuse de tant d’espoirs doit se repenser !

Dans un monde où les civilisations s’affrontent avec de plus en plus de violence, régi par un ordre socio-économique où mondialisation et globalisation tendent à signifier pour les « nations faibles » dont nous faisons partie, reniement de soi pour l’acception totale d’autrui, les jeunes d’Afrique sont en droit et ont le devoir de se questionner sur le monde qu’ils veulent bâtir et qu’ils souhaitent léguer à leur progéniture.

C’est dans cette optique d’éveil de conscience, de pleine réalisation de leur potentiel et de leurs compétences par les africains, qu’en 2010, des camerounais ont pris  la tête d’initiatives portées par l’ensemble de la jeunesse africaine. Nous pouvons citer entre autres, Serge Tchaha qui a dirigé la rédaction de l’ouvrage « Nous faisons le rêve que l’Afrique de 2060 sera … », préfacé par l’ancien président sénégalais, son Excellence Abdou Diouf ; ou encore Jonathan Nyemb qui a été l’un des membres fondateurs et le premier président du Collectif O.S.E.R L’Afrique.

J’ai moi-même, dans cette dynamique, commis en 2011 un ouvrage intitulé « Mes Rêves de Jeune … Le Cameroun des 50 prochaines années », que je ne saurais que trop recommander avec force et insistance à chacun d’entre vous.

Cette vitalité renouvelée des jeunes camerounais,  a donc constitué la motivation première qui a poussé une vingtaine d’entre nous à commencer à travailler, dès la fin d’année  2011, à la constitution d’une plateforme d’expression de la Jeunesse. Multiples rencontres et réflexions donneront ainsi naissance, en Septembre 2013, à l’association dénommée Synergie de la Jeunesse Camerounaise.

La Synergie de la Jeunesse Camerounaise se veut cette plateforme participative de réflexions, de propositions et d’actions des jeunes par les jeunes et pour les jeunes en collaboration avec les pouvoirs publics, les opérateurs économiques, et les ONG qui s’intéressent  aux problématiques qui touchent à la jeunesse de notre pays. Notre association se donne pour mission de mettre les talents, les compétences et les énergies des jeunes camerounais à contribution du développement culturel, économique et social de leur pays.

Nous voulant pragmatiques et souhaitant pleinement nous inscrire dans le vécu quotidien des nôtres, la Synergie de la Jeunesse Camerounaise entend se démarquer des autres mouvements de jeunes, par la transformation des réflexions et des idées en actions concrètes.

Sans distinction de sexe, d’ethnies ou de lieu de résidence, nous appelons donc l’ensemble des camerounais âgés de 15 à 35 ans à nous rejoindre, afin qu’ensemble nous apportions nos contributions idéologiques et effectives à la construction d’un Cameroun nouveau, que nous envisageons économiquement prospère, fier de son histoire et de sa diversité culturelle.

Hiram Samuel IYODI.

Commémoration Lock Priso

 

28 Août 1884 – 28 Août 2013 : Il y a 129 ans, le germe de l’indépendance du KAMERUN !

Sur Invitation du Prince KUM’A NDUMBE III, la Synergie de la Jeunesse Camerounaise a participé, le Mercredi 28 Août 2013, à la commémoration du premier acte de résistance qu’a opposé un camerounais à l’administration allemande, face à sa volonté d’exproprier les terres des peuples de la côte. Ce fût une occasion pour l’ensemble de notre jeunesse, de se cultiver et de constater que la résistance anticoloniale n’a pas démarré avec Rudolf DUALA MANGA BELL en 1914 comme il est communément dit et écrit ; mais avec son grand-oncle KUM’A MBAPE dit LOCK PRISO, 30 ans plus tôt.

En effet, le 12 Juillet 1884, les KING AKWA et BELL signent le traité Germano-Duala qui place leurs territoires d’autorité sous protectorat allemand. Ce traité est supposé faciliter les relations commerciales avec la puissance allemande et aider à moderniser et développer les cantons Bell et Akwa. KUM’A MBAPE, Roi des BELE-BELE avec Hickory town (Bonabéri) comme chef-lieu, s’était opposé au traité qu’il n’avait donc pas signé.

Le 28 Août 1884, non fiers de voir leurs tentatives de négociations avorter, les allemands hissent leur drapeau sur le sol de Hickory town. LOCK PRISO leur adresse le même jour une correspondance pour marquer sa désapprobation face à l’acte posé. Il s’exprime comme suit :

« Je vous prie de descendre ce drapeau…Personne ne nous a achetés…Les allemands nous causent beaucoup de tort et voudraient nous corrompre par beaucoup d’argent, nous avons refusé, nous leurs avons dit NON…Je vous prie de nous laisser notre liberté et de ne pas apporter du désordre chez nous »

Le drapeau allemand sera effectivement retiré du territoire des Bele-Bele mais le palais de KUM’ A MBAPE sera mis à sac et essuiera les tirs des bateaux allemands postés dans l’estuaire du Fleuve Wouri, le 22 Décembre 1884.  

 

La célébration tenue le mois dernier au Mausolée KUM’A MBAPPE à Bonabéri consistait, outre les rites traditionnels, en une volonté de la part du Prince KUM’A NDUMBE III, petit-fils de KUM’A MBAPE LOCK PRISO, de donner à la jeunesse camerounaise des repères pour qu’elle prenne conscience de la réalité de son histoire. L’acte de résistance de LOCK PRISO est en effet, le germe de la résistance de son neveu DUALA MANGA BELL  qui inspirera à son tour les Pères de la lutte pour l’indépendance du Cameroun. Il faut donc retenir de cet acte que le peuple du Cameroun, debout, tête haute, ne s’est jamais soumis et que ses leaders, pour la plupart jeunes du temps de l’exercice de leurs fonctions ont toujours su faire primer l’intérêt de la Nation.

Le 28 Août 1884 est donc une date à retenir par l’ensemble du peuple du Cameroun, comme celle à partir de laquelle ses fils et filles se sont battus pour sauvegarder la souveraineté de leur territoire.

Conscients que l’émergence véritable de l’Afrique passe par l’appropriation de l’Histoire par les jeunes ;

Conscients que la réhabilitation des Pères Fondateurs et la célébration des héros sont le socle sur lequel se bâtira la vraie unité nationale ;

Conscient qu’aucun arbre ne s’est jamais développé à partir des racines d’un autre et donc que la véritable renaissance, émergence et prospérité de la Terre-Mère Africaine ira puiser son essence dans la puissance de son histoire, de ses cultures et ses traditions;

La Synergie de la Jeunesse Camerounaise encourage les 15-35ans à répondre massivement présents à l’appel des aînés qui, à travers ces évènements, permettent de forger la CONSCIENCE NATIONALE et donc d’éveiller le SENS DU PATRIOTISME. Il est nécessaire en ce siècle trouble, que les jeunes hommes et femmes camerounais soient plus que jamais, soucieux du devenir de leur Patrie.

C’est d’ailleurs dans cette optique  que nous proposerons dans les semaines à venir des causeries éducatives à thèmes au travers desquelles nos pères et aînés, légataires du pouvoir traditionnel et leaders d’opinions nous aideront à étancher notre soif de connaissance et de culture.

Hommage soit rendu à KUM’A MBAPE LOCK PRISO.

Hommage soit rendu à tous les patriotes qui ont donné de leurs larmes, sueur et sang pour que notre pays soit.

Hommage soit rendu à cette Jeunesse qui s’éveille et qui prend conscience du rôle à jouer par elle pour construire une NATION FORTE.

Connaître «Hier », permet de mieux agir aujourd’hui pour des lendemains harmonieux. Allons à la quête de l’histoire véritable de notre peuple et réhabilitons les Pères Fondateurs dans la conscience collective.

La Synergie de la Jeunesse Camerounaise.